Les dicos de la rentrée

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L'édition 2015 des dictionnaires populaires est apparue sur les rayons durant l'été.

Photo: Alain Décarie, La Presse

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Rudy Le Cours
La Presse

Un peu comme le matériel de l'Halloween ou les sapins artificiels déjà proposés aux consommateurs dans les grandes surfaces, l'édition 2015 des grands dictionnaires populaires est apparue sur les rayons durant l'été.

Les tournées de promotion des directeurs de production ou de mise en marché se sont déroulées durant les vacances estivales pour s'assurer de la meilleure promotion pour la rentrée scolaire, grand pic des ventes.

Cette année revêt une importance particulière pour les Dictionnaires Le Robert, qui misent beaucoup sur la nouvelle édition nord-américaine du Robert junior illustré.

Dans le passé, cette maison s'était cassé les dents avec une coédition québécoise qui avait soulevé un tollé parmi les linguistes et les lexicographes d'ici, qui contestaient les entrées de plusieurs québécismes associés au joual plutôt qu'à des régionalismes de bon aloi.

Forte de cette expérience malheureuse, la maison propose cette fois une version destinée aux écoles primaires qui tient compte de la réalité québécoise et franco-canadienne dans son ensemble.

On remarquera le joueur de hockey, quelques gratte-ciel montréalais et un orignal (défini comme un élan du Canada et de l'Alaska) sur la couverture.

L'effort d'américanisation du produit va plus loin. Ainsi, dans la page thématique consacrée à la sculpture, L'Homme, de Calder, fleuron du patrimoine artistique de Montréal, a droit à une place de choix. L'entrée «catastrophe» est illustrée par celle de Lac-Mégantic.

On appréciera aussi le souci de combattre les stéréotypes sexistes. Ainsi, c'est une femme qui joue du saxophone et un homme qui lave la vaisselle sur les illustrations des deux objets.

Enfin, plusieurs mots propres à la langue de chez nous ont droit à leur entrée: carcajou, débarbouillette, oka, etc. Les deux sens de «caribou» (solide et liquide) sont aussi précisés.

La présentation lexicographique des entrées qui a fait la marque du Petit Robert est aussi reprise, avec l'ajout de couleurs et de trames pour souligner tantôt un aspect grammatical, tantôt un renvoi analogique ou une mise en contexte. On y trouve aussi des tables de conjugaison, des racines étymologiques et des rubriques géographiques sommaires.

Bref, pour 1$ de plus, le Junior devient un très sérieux concurrent du Larousse Junior, dont l'atout reste ses 1000 entrées de noms propres.

Le Robert illustré

Pour concurrencer Le Petit Larousse illustré, dont la 110e édition est soulignée par des lettrines signées Jean-Charles de Castelbajac, les Dictionnaires Le Robert proposent Le Robert illustré. Ce produit emprunte la présentation encyclopédique, qui se caractérise par le classement alphabétique des mots de la langue et des noms propres (distinguables grâce à un code couleurs), à la différence du Petit Larousse, qui compte toujours deux sections distinctes séparées par les fameuses pages roses, enrichies cette année d'un Petit Trésor de locutions francophones. Celles du Québec ont une place de choix parmi la cinquantaine retenue, depuis «accrocher ses patins» à «changer quatre trente sous pour une piastre», sans oublier «s'arranger avec le gars des vues» ni «virer son capot de bord».

Les deux ouvrages comptent une centaine de nouvelles entrées, parmi lesquelles on retiendra en particulier «vapoter», qui désigne l'action d'activer une cigarette électronique. Il existe aussi deux substantifs apparentés: «vapotage» et «vapoteur».

L'achat de ces ouvrages donne un accès personnalisé à leur version en ligne, une fonction bien pratique pour les gens qui ont recours fréquemment aux dictionnaires dans l'exercice de leurs fonctions.

Il existe aussi une application payante du Petit Larousse pour smartphone, un mot anglais que Larousse et Robert recommandent de remplacer par «ordiphone».

Le Petit Robert se démarque toujours quant à lui par sa présentation un brin austère, mais plus complète. On notera sans déplaisir les entrées «bardasser», «courailleur» et «écrapoutir» dans l'édition 2015.

Le Petit Robert est aussi offert en ligne, mais il faut se le procurer séparément. À noter que, par une aberration dont seul Québec a le secret, cette version est frappée par la taxe provinciale de vente, mais non le format papier.

Les éditeurs québécois ne proposent aucune nouveauté cette année. On notera toutefois la réédition du Dictionnaire visuel multilingue chez Québec Amérique dans un format plus pratique.

Comme chaque année, l'éditeur propose aussi son Agenda du français pratique, à la fois utile et ludique.




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