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Microbibliothèques: trouvailles littéraires à ciel ouvert

La boîte située devant le centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme, au... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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La boîte située devant le centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme, au 5350, rue Lafond.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

On est d'abord frappé par leur popularité. ll suffit de passer quelques minutes devant une de ces bibliothèques libre-service éparpillées aux quatre coins de la ville pour s'en rendre compte. Vous connaissez le concept? On y dépose ou emprunte des livres, gratuitement, à l'initiative de l'arrondissement ou des citoyens. La Presse a récemment fait une tournée de ces microbibliothèques à ciel ouvert pour voir un peu ce qui se cache à l'intérieur.

De Francine Ouellette à Edgar Allan Poe 

5350, rue Lafond, Centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme

Le livre Le sorcier de Francine Ouellette saute aux yeux avec sa couverture illustrée représentant des Amérindiens sur un fond de paysage laurentien. Il y a même une critique de La Presse imprimée sur la quatrième de couverture. «Chez Francine Ouellette, la fiction pure et l'inspiration historique ont une rencontre heureuse.» Il y a sinon un exemplaire de Dom Juan, L'avare de Molière, les Histoires extraordinaires de Poe, un livre de croissance personnelle, deux de spiritualité et un sur la botanique, en anglais.

De la qualité

6421, 1re avenue, Presbytère Saint-Marc

«Je sais que ça fait le bonheur des gens du coin, puisqu'il y a toujours quelqu'un qui arrête», remarque Yves, brigadier posté à l'intersection. Une dame passe au même moment et dépose un guide sur l'alimentation et des petits livres de recettes. Une autre, prénommée Yvette, apporte à son tour plusieurs romans policiers en excellent état, un autre sur le cancer ainsi qu'un guide sur les gîtes du Québec. Elle ne repart avec aucun livre. «Je viens souvent. J'ai une grosse famille de lecteurs et on échange entre nous avant de venir les porter ici. Je trouve ça assez bien, la qualité, on est loin de la cochonnerie», résume Yvette, venue aussi déposer un sac de vêtements dans une cloche de récupération devant le presbytère.

Du respect

Ruelle près de la rue Beaubien et de la 2e avenue

«Pour tous, boîte de lecture», peut-on lire sur la pancarte dessinée à la main par des enfants. La boîte en bois, perchée sur une clôture à l'arrière d'un duplex, donne directement sur la ruelle. Un chat est étendu à côté, fixe le vide, impassible. La petite boîte est bien remplie: des romans de Tom Clancy et de Nora Roberts, un livre sur le bonheur, un autre sur la Bible, plusieurs en anglais mais surtout une pile de magazines de plein air et de National Geographic. «C'est bon pour les jeunes, car il y a beaucoup d'enfants dans la ruelle», souligne François Vincent, qui a eu l'idée d'installer la boîte avec son voisin il y a deux ans. «On avait peur au début pour le vandalisme, mais il semble y avoir une sorte de respect», constate M. Vincent.

Des distributeurs bien remplis

5785, rue Sherbrooke Ouest, Coop La Maison verte

Il y a plusieurs boîtes de livres dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Des boîtes en métal qui font penser à des distributeurs de journaux. Ici, elle est bien remplie. Autant de titres en français qu'en anglais. Il y a plusieurs thrillers américains tels que Juliet (Anne Fortier), The Malpas Legacy (Sam Llewellyn) et The Confession (Charles Todd). Les polars sont nombreux, de même qu'un livre d'espionnage en très bon état du Pulitzer William Safire. «C'est parfois surprenant. Je passe environ chaque semaine et j'ai déjà vu des collections complètes», louange Joël, qui travaille dans le coin, avant de repartir avec une oeuvre de Balzac et une autre de l'écrivain d'origine montréalaise Saul Bellow. Derrière lui, au même moment, une dame dépose un livre de recettes asiatiques.

Une des deux boîtes de l'avenue des Érables,... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE) - image 2.0

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Une des deux boîtes de l'avenue des Érables, dans le Plateau Mont-Royal.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Des cabanes d'oiseaux

4582, avenue des Érables

Les deux petites boîtes situées pratiquement en face l'une de l'autre de chaque côté de l'avenue des Érables ressemblent à des cabanes d'oiseaux. «La petite librairie», peut-on lire sur l'une, dans laquelle traînent un tome de la série fantastique jeunesse Bobby Pendragon, un polar de Caleb Carr, un magazine vintage sur la cuisine au micro-ondes, un livre historique sur le collège Jean-Eudes, un vieux Montignac et même un exemplaire d'un guide écrit par soeur Berthe intitulé Ma cuisine au yogourt. Pour la première fois, quelques CD ont été abandonnés, dont un intitulé Boris Vian chante Boris Vian.

Des classiques

4593, avenue des Érables

«Petite bibliothèque de rue, prenez et donnez», peut-on lire sur la cabane de l'autre côté de l'avenue des Érables, joliment décorée. On y voit plusieurs classiques, tels que Dom Juan, Boule de suif, Les fleurs du mal et aussi le premier tome des Rois maudits de Druon et celui, en anglais, de Hunger Games. Un peu plus loin, avenue De Lorimier, on trouve une autre de ces librairies. Elle est par contre endommagée, victime de sa rencontre avec une déneigeuse. À l'origine de son existence, Christian et ses colocs promettent de la réparer. «C'est mieux de faire circuler les livres de manière accessible au lieu de les jeter, en plus de contribuer à l'ambiance de quartier», croit Christian, heureux de voir que sa boîte se nourrit toute seule depuis son installation.

Du côté de Laval

384, chemin de la Tournelle

Montréal n'a pas le monopole des bibliothèques urbaines, puisqu'on en trouve six dans le quartier Pont-Viau, à Laval. Ce projet a été lancé par Sophie Pouliot, en collaboration avec un organisme consacré à la revitalisation en milieu urbain. Un budget leur avait été accordé pour créer les microbibliothèques. «Ça fonctionne vraiment bien! On le voit par le roulement des livres et par les commentaires», s'enthousiasme Sophie Pouliot, qui reçoit notamment de bons mots par l'entremise de blocs-notes laissés dans les microbibliothèques. Dans celle située au bout de son terrain, on trouvait au moment d'écrire ces lignes un livre de décoration au pochoir, un roman de Mary Higgins Clark, un livre de Caillou et un autre sur Monica la Mitraille.

Les origines

Peu importe le nom qu'on lui donne, le concept des bibliothèques libre-service serait né au Winsconsin en 2009. Todd Bol aurait voulu rendre hommage à sa mère décédée - passionnée de lecture - en aménageant une petite bibliothèque vitrée devant sa maison, avec l'inscription «Free Books». L'idée a fait son chemin et on trouverait désormais quelque 25 000 bibliothèques libre-service dans le monde entier. Il y aurait des centaines de ces installations un peu partout au Québec.

Un livre à la mer

Nous avons voulu mener une petite expérience, rappelant le principe d'une bouteille à la mer. D'abord, nous avons acheté un livre, Naufrage, le plus récent de Biz. Nous avons ensuite laissé notre adresse courriel à l'intérieur, en plus d'une consigne demandant à chaque lecteur anonyme qui s'emparera du livre de nous écrire, afin de nous aider à suivre sa trajectoire.

Quelques minutes après avoir déposé le livre dans la boîte située devant le presbytère Saint-Marc, le livre s'éloignait au fond du sac d'une dame.

Environ deux semaines plus tard, aucune nouvelle.

Livre? Où es-tu?

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