Montréal arts interculturels: la diversité, c'est par ici!

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Chaque année, le MAI présente entre 13 et 18 spectacles de danse, théâtre, musique, ainsi que quatre ou cinq expositions d'artistes de la diversité.

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Mario Cloutier

Chaque semaine, La Presse présente un repaire culturel méconnu du grand public qui contribue à l'effervescence de la métropole.

MAI (Montréal arts interculturels)

C'est quoi? Diffuseur (théâtre, salle d'exposition et café) et accompagnateur d'artistes issus de la diversité.

En quoi ça sort du cadre? On a beau être en 2016, comme dirait Justin Trudeau, Montréal reste essentiellement blanc dans les arts visuels et de la scène. Le MAI met fin à l'invisibilité des artistes professionnels des minorités visibles.

Chaque année, le MAI présente entre 13 et 18 spectacles de danse, théâtre, musique, ainsi que quatre ou cinq expositions d'artistes de la diversité. Dans le but, comme l'indique le mot «interculturel» dans son nom, de maintenir un dialogue entre les cultures présentes à Montréal.

«Au MAI, on corrige un déséquilibre, note le directeur Michael Toppings. On travaille avec des artistes sous-représentés dans les salles et les galeries. Il s'agit essentiellement d'artistes issus de l'immigration, des minorités visibles ainsi qu'autochtones. Les artistes d'expérience qui arrivent de l'étranger se font dire qu'ils n'ont pas fait assez de spectacles à Montréal pour être représentés par une organisation. On s'occupe d'eux.» 

Résidences et studios

L'aide et l'accompagnement du MAI peuvent prendre diverses formes: temps de studio, résidences, conseils, mentorat, etc. Pour bâtir sa programmation annuelle, le MAI lance un appel de projets, reçoit des propositions d'artistes et fait quelques invitations. Il a ainsi aidé à lancer plusieurs carrières.

«C'est le cas de Daina Ashbee qui est en Angleterre au moment où l'on se parle. Elle a eu une idée. Elle a fait une résidence et a passé des heures en studio afin de présenter sa première chorégraphie, et elle vient de gagner deux prix. Elle a maintenant une résidence de trois ans à l'Agora de la danse, mais le MAI reste sa maison», explique Michael Toppings.

Le MAI, qui aura 20 ans en 2019, présentera en 2017 une série spéciale, Prendre place, avec des artistes originaires de Chine, d'Australie, des États-Unis, du Guatemala et d'Angleterre qui travaillent sur la notion d'identité. En janvier, le centre a invité la chorégraphe Lara Kramer à concocter un spectacle autochtone, et une exposition 67/17 aura lieu en avril-mai pour souligner les 50 ans de l'Expo.

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Le MAI doit refuser de plus en plus de demandes des artistes de la diversité. « Ça prendrait trois MAI à Montréal », croit son directeur, Michael Toppings.

Photo François Roy, La Presse

Montréal le blanc

Le MAI doit refuser de plus en plus de demandes des artistes de la diversité. «Ça prendrait trois MAI à Montréal», croit son directeur. La preuve que, dans le fond, la réalité de la diversité sur scène reste problématique à Montréal, comme l'a démontré la publicité plus «blanche que blanche» du 375e anniversaire. 

«Ils s'excusent en disant qu'ils n'y avaient pas pensé, commente Michael Toppings. Mais justement, il faut commencer à y penser. Au MAI, il y a des moments où on se sent invisibles. On est exclus parce qu'on inclut.»

Pas question d'arrêter de sitôt, cependant, même si les subventions du gouvernement du Québec ne sont guère à la hauteur de celles de la Ville de Montréal ou du gouvernement fédéral. 

«Certains diront que l'idéal serait que l'existence du MAI ne soit pas nécessaire, mais je ne crois pas. L'identité peut être définie de mille façons, et il y aura toujours des lieux pour ça. Le Black Theatre Workshop, par exemple, existe depuis 46 ans. On en aura toujours besoin.» 

Claudia Chan Tak

Le dernier spectacle de 2016 au MAI sera Moi, petite Malgache-Chinoise de Claudia Chan Tak. L'artiste originaire de Québec présente une performance de danse et de documentaire autobiographique. Deux voyages filmés en Chine et à Madagascar lui ont permis de retrouver les racines de sa famille dans ces deux pays. 

«C'est mon spectacle le plus intime. C'est la première fois que je raconte mon histoire sur scène. Même si c'est personnel, c'est universel. On vient tous de quelque part.»

Même si elle s'est produite à Tangente notamment, l'artiste trouve que le MAI est un centre culturel important à Montréal. 

«Le MAI m'a énormément aidée pour ce spectacle. J'ai eu des heures de studio et du mentorat de la dramaturge Stéphanie Jasmin et de la chorégraphe Danielle Desnoyers. Et j'ai pu m'installer pendant deux semaines en salle. C'est énorme.»




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