World Press Photo Montréal: la photo, levier de nos consciences

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Jusqu'au 27 septembre, l'exposition World Press Photo présente 150 photos journalistiques de l'actualité internationale de 2014, au Marché Bonsecours.

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La 10e édition du World Press Photo Montréal présente, jusqu'au 27 septembre au Marché Bonsecours, 150 photos captivantes de l'actualité internationale de 2014 et des expos parallèles sur le déclin d'un quotidien américain, les inégalités sociales à travers le monde et le projet autochtone Wapikoni mobile. Des photos qui éveillent notre conscience.

Cette année encore, l'exposition du World Press Photo Montréal présente bien des images coup de poing parmi celles des 42 photographes de 17 pays retenus par un jury présidé par Michele McNally, rédactrice en chef adjointe du New York Times. Deux séries de photos dramatiques de Jérôme Sessini, invité d'honneur, en font partie. De façon assez rare, ce photographe français de 47 ans a remporté les deux premiers prix dans la catégorie prestigieuse Actualités et reportages.

Le 1er prix a récompensé ses photos publiées dans Time à la suite de son reportage en Ukraine sur l'écrasement de l'avion de la Malaysia Airlines, abattu par un missile en juillet 2014. Sur l'une d'elles, un passager, encore attaché à son siège, gît au milieu d'un champ de blé.

Le 2e prix lui a été remis pour des clichés pris lors des manifs à Kiev, de février 2014, qui ont fait 70 morts, tant du côté des manifestants que des policiers. Jérôme Sessini poursuit son travail en Ukraine en s'y rendant fréquemment.

«C'est une situation très complexe, dit-il. Les victimes dans ce conflit, ce sont les civils du Donbass, ceux qu'on appelle les prorusses. Mais ils sont ukrainiens et parlent russe. Ce n'est pas de leur faute. Mais il prennent des obus tous les jours sur la tête.»

Une photo saisissante de Sergueï Ilnitsky, placée dans l'expo à côté des siennes, illustre son propos. Le photographe russe a créé une sorte de nature morte en photographiant la table de la cuisine d'une maison qui venait d'être ravagée par une bombe ou un missile. «Des maisons comme ça, j'en ai vu des dizaines, dit Jérôme Sessini. Des gens qui sont chez eux, à table, femme, enfants, et un obus de l'armée ukrainienne tombe sur leur maison. Ça, c'est réel, ce n'est pas de la politique ou de la philosophie. Les médias ont minimisé ça.»

Photo de l'année

La photo de l'année du World Press Photo est signée Mads Nissen. Le cliché montre un moment d'intimité entre deux homosexuels russes dans un appartement de Saint-Pétersbourg. Le Danois l'a prise dans le cadre d'un reportage sur l'homophobie en Russie. Très belle, l'image de ces deux hommes côte à côte ressemble à un tableau de la Renaissance.

«Il y a plus d'images esthétiques cette année, dit Matthieu Ritz, producteur du World Press Photo Montréal. On sent une tendance depuis quelques années chez des photographes de sortir de l'image de presse pure et dure pour aller vers quelque chose de plus subtil, je dirais même poétique.»

Gagnant de deux premiers prix au World Press... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 2.0

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Gagnant de deux premiers prix au World Press Photo dans la catégorie prestigieuse Actualités et reportages, Jérôme Sessini (à gauche) est l'invité de l'exposition montréalaise produite par Matthieu Ritz.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Will Steacy au Inquirer

L'expo, qui a accueilli 45 000 visiteurs l'an dernier, présente aussi le reportage Deadline du photographe américain Will Steacy. On a fixé sur des panneaux de bois des pages du journal Deadline qu'il a créé pour relater son enquête journalistique réalisée durant cinq ans dans la salle de rédaction du quotidien The Philadelphia Inquirer.

Will Steacy y décrit le lent déclin de ce journal dans le contexte de décroissance de la presse écrite locale américaine.

À côté de son présentoir, Oxfam-Québec présente Regards, photoreportage sur les inégalités sociales et économiques à travers le monde, avec des photos de Valérian Mazataud, Nicolas Montibert, Tamy Emma Pepin, Marie-Ève Rompré et Pascal Rousseau.

Plus loin, l'organisme Wapikoni fondé par la cinéaste Manon Barbeau présente 16 photos et une vidéo sur ses 10 ans d'intervention au sein des communautés autochtones d'ici et d'ailleurs. Porte-parole cette année du World Press Photo Montréal, le chanteur, auteur et compositeur algonquin Samian présente trois de ses photos dans cet espace Wapikoni.

À noter enfin que le photographe français Jérôme Sessini donnera une conférence publique sur son travail à 18h30 ce soir au Centre Phi. Le photographe et écrivain américain Will Steacy en propose aussi une, demain, en anglais, au même endroit.

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World Press Photo Montréal, au Marché Bonsecours, salle de la Commune (325, rue de la Commune Est), jusqu'au 27 septembre. Information: www.wppmtl.com

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