David Altmejd de retour à Montréal

David Altmejd devant une de ses oeuvres spectaculaires... (PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE LAGOUTTE)

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David Altmejd devant une de ses oeuvres spectaculaires en cours d'installation au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE LAGOUTTE

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Dès le 20 juin, le sculpteur montréalais David Altmejd présentera au Musée d'art contemporain son exposition Flux, qui a remporté un succès notable au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, l'hiver dernier. La Presse a rencontré cet artiste qui veut maintenant explorer la vidéo.

Q : Que retenez-vous de votre expérience parisienne?

R : Je retiens que Paris a un pouvoir. J'ai eu l'impression de présenter mes sculptures dans une ville, un pays ayant une riche histoire de l'art, une histoire de symboles, une histoire de la littérature. C'est comme si ça avait mis en branle tout l'aspect significatif de mon travail. Comme si sa dimension intellectuelle avait été réveillée, comme si on l'avait branchée sur du 220 volts!

Q : Pourtant, vous vivez à New York, capitale de l'art contemporain. Paris n'est plus le centre de gravité des arts visuels.

R : Oui, mais de voir mon travail présenté à Paris, c'est comme si ça l'avait rattaché à l'histoire, alors que lorsque je le présente à New York, c'est vraiment le moment présent. À Paris, c'est le rapport à l'histoire de mon travail qui est ressorti.

Q : L'impact médiatique en Europe a-t-il été important?

R : J'ai lu beaucoup d'articles. C'était extrêmement généreux et super enthousiaste. Les trois quarts des gens qui me suivent maintenant sur Instagram sont des Français. Et jeunes! 

Q : Est-ce que Flux a eu du succès auprès des musées et des collectionneurs européens?

R : Oui. Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris a acquis plusieurs oeuvres que j'ai faites pour l'expo, et il y a un grand intérêt de la part des collectionneurs français. Des gens ont acheté des pièces. Il continue à y avoir une demande. Je ne tiens pas absolument à vendre mes oeuvres, mais ça fait plaisir de voir qu'il y a un intérêt. Et puis, j'ai eu des demandes de plusieurs musées. Mais il a fallu dire non, car il faut que je puisse maintenant me concentrer sur mon travail en atelier.

Q : Comment vivez-vous ce statut d'être devenu, avec quelques autres rares artistes, un fer de lance de l'art actuel canadien?

R : J'aimerais que cela puisse attirer l'attention sur l'art qui se fait ici. La création au Québec et au Canada mérite plus d'attention internationale. J'aimerais pouvoir servir d'ambassadeur et qu'il y ait un vrai résultat. Sinon, je n'ai pas de fierté par rapport à ça. J'ai été chanceux. Ça a bien marché.

Q : Avec le recul que vous avez aujourd'hui, comment évaluez-vous la place qu'occupe Montréal sur la scène internationale de l'art?

R : Du point de vue de la qualité des artistes, c'est la même chose qu'à New York ou dans les autres capitales. Il commence à y avoir de plus en plus de collectionneurs qui voient que collectionner de l'art vivant est quelque chose d'important et d'excitant, car c'est participer à ce qui se fait maintenant.

Q : Êtes-vous collectionneur?

R : J'ai toute ma vie collectionné des minéraux et je collectionne de la peinture. Je suis obsédé par un peintre américain qui s'appelle Daniel Hesidence. Je ne sais pas pourquoi! C'est peut-être même la raison, car si c'était clair, il n'y aurait plus de mystère. J'adore aussi d'autres peintres, comme le Polonais Zdzisaw Beksinski. Chaque fois que j'ai un peu d'argent, je m'achète une oeuvre. J'aime collectionner, mais en général, tout l'argent que je fais retourne à l'atelier et permet de produire les projets suivants.

Q : Comment voyez-vous la suite de votre carrière?

R : En ce moment, je suis très excité à l'idée de commencer à faire de la vidéo. Je suis de plus en plus conscient que les médias sociaux ouvrent un nouvel espace gigantesque qui est presque plus important que l'espace de la galerie. Dans ce nouvel espace, je suis en contact avec des milliers de personnes, instantanément et de manière super facile. Je veux explorer ce nouvel espace pour voir ce que je peux faire. Comment je peux intégrer ma création dans ces espaces, faire quelque chose de nouveau, attirer de nouvelles personnes.

Q : Comment ça va se traduire par rapport à la sculpture? 

R : Je ne veux pas nécessairement faire un transfert ou trouver une façon de transposer mon travail sculptural sur cette nouvelle plateforme. Je suis ouvert à tout.

Q : Est-ce que cela permettra de renouveler d'autres expériences multidisciplinaires comme celle que vous aviez faite avec Pierre Lapointe?

R : Absolument. Je suis rendu à un moment de ma carrière où je me rends compte que je suis capable de faire quelque chose de complètement différent. J'ai envie de prendre des risques, de collaborer avec des gens que je ne connais pas.

Q : Mais la sculpture demeurera au centre de votre travail?

R : Bien sûr. J'adore travailler avec des matériaux. J'adore le contact physique avec l'objet sculptural. Ça va toujours rester. Je ne ferai jamais de changement radical. D'ailleurs, j'ai déjà une exposition de Géants en vue, en Europe. Et j'aurai une expo de sculptures à New York en 2017.

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Flux, au Musée d'art contemporain du 20 juin au 13 septembre.

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