Décès du peintre québécois Jacques Hurtubise

Jacques Hurtubise... (Photothèque Le Soleil)

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Jacques Hurtubise

Photothèque Le Soleil

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Stéphanie Marin, Étienne Fortin-Gauthier
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le peintre québécois Jacques Hurtubise est décédé à l'âge de 75 ans. Toujours à l'oeuvre, l'homme est décédé «subitement» samedi à son domicile du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, a fait savoir lundi la Galerie Simon Blais de Montréal qui le représente.

Né à Montréal en 1939, Jacques Hurtubise a reçu son diplôme de l'École des beaux-arts de Montréal en 1960. Récipiendaire de la bourse Max-Beckmann, il est ensuite allé étudier à New York en 1961.

«Une période qui a marqué son imaginaire et son imagerie», a souligné en entrevue le galeriste Simon Blais.

«Il s'agit de l'un des grands artistes de la post-modernité. Son travail s'inscrit dans la pensée pop», a expliqué M. Blais, qui le place dans cette génération qui a suivi les automatistes et les plasticiens, où il a d'ailleurs puisé ses influences.

De grands musées canadiens ont exposé ses oeuvres, et lui ont même consacré des rétrospectives, dont le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d'art contemporain de Montréal et l'Art Gallery of Nova Scotia d'Halifax.

Remarquées pour leurs couleurs audacieuses et leur style percutant, ses peintures ont aussi été exposées aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

À l'aise avec les estampes et le collage comme avec la peinture et la gravure, il a utilisé différents matériaux et notamment exploré la couleur noire dans ses tableaux avec des filets de lumière colorée. Dans d'autres, il s'est inspiré de ses voyages et utilisé des cartes routières comme toiles de fond. La série «Zoozoom» a exploré la morphologie des animaux, la poussant jusqu'à des formes fantastiques.

«Il a travaillé toute sa vie avec l'idée de la tache, du splashe», a résumé le galeriste.

Jacques Hurtubise a reçu le Prix Paul-Émile-Borduas du gouvernement du Québec en 2000 et le Prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton du Conseil des arts du Canada en 1993.

Et il créait toujours à l'aube de sa mort. «C'était un bourreau de travail», a ajouté M. Blais.

«Il a connu un succès d'estime et commercial», a-t-il fait valoir.

Faisant ainsi mentir le père de Jacques Hurtubise.

Dans une courte biographie sur le site Internet de l'artiste, on y voit relatée une petite partie de son histoire: «Mon père était épicier. J'étais bon, je vendais tout. (...) À 16 ans, il voulait me donner le commerce. Moi, je ne voulais pas. Je lui ai dit que je voulais faire des tableaux. Il m'a dit que j'allais crever de faim. Je lui ai dit que si j'arrivais à vendre ses tomates, j'arriverais à vendre mes tableaux.»

Le peintre laisse dans le deuil sa conjointe Monique qu'il avait rencontrée à l'École des beaux-arts de Montréal en 1959.

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