La beauté du geste: un été contemporain

Montréal 2, de Spencer Tunick.... (Photo: fournie par le Musée d'art contemporain de Montréal)

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Montréal 2, de Spencer Tunick.

Photo: fournie par le Musée d'art contemporain de Montréal

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Pour célébrer ses 50 ans, le Musée d'art contemporain de Montréal (MAC) présente jusqu'au 7 septembre La beauté du geste, une sélection de 200 oeuvres d'art contemporain offertes au musée par des bienfaiteurs. Un véritable délice estival!

Si La beauté du geste rend hommage à 800 donateurs, la commissaire de l'exposition, Josée Bélisle, a réussi à refléter tant la collection de 7800 oeuvres du musée que l'art contemporain sur un demi-siècle de production.

C'est à une exposition historique que le visiteur est convié et, ma foi, cela fait du bien de déambuler parmi toutes ces oeuvres, comme si l'on remontait le temps...

Il faut débuter par la section De John Lyman à Eve Sussman: 50 ans - 50 oeuvres. Elle permet de rythmer le temps qui s'est écoulé avec les dons successifs et aussi de faire des liens: c'est John Lyman, fondateur de la Société d'art contemporain en 1939, qui fut l'un des premiers artistes à offrir une oeuvre, Sun Bathing 1, au tout nouveau MAC, en 1964, avant même son ouverture dans les locaux temporaires de la Place Ville-Marie.

La salle comprend la sculpture L'homme révolté ou Composition 412, qui marque les premiers pas de la période «fer et bois» non figurative d'Yves Trudeau. Et puis l'exceptionnelle Érosion douce, de Fernand Leduc, un assemblage de formes carrées et rectangulaires aux couleurs tendres, qui date de 1970 et qu'il avait offerte au musée l'année suivante. Une belle fenêtre sur ses paysages de l'abstraction.

Deux salles déclinent ensuite les oeuvres données de 1964 à 1993 puis de 1994 à nos jours. Dans la seconde, on sent l'influence des nouvelles technologies, l'attrait pour l'installation et le 3D, comme avec l'oeuvre de la série Karfunkelfee, d'Anselm Kiefer, une réflexion sur l'amour et l'enfer tirée d'un poème de l'Autrichienne Ingeborg Bachmann. Un tableau de sombre féerie, dirons-nous.

Self Portrait with Skeleton de Marina Abramovic.... (Photo: fournie par le Musée d'art contemporain de Montréal) - image 2.0

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Self Portrait with Skeleton de Marina Abramovic.

Photo: fournie par le Musée d'art contemporain de Montréal

Puis, quand on traverse de l'autre côté du musée, on trouve d'abord Pulse Room, de Raphaël Lozano-Hemmer, immense installation créée à partir du pouls des visiteurs, une sorte de multiportrait cardiologique où des ampoules figurent le coeur, avec ses rythmes diastolique et systolique, de chaque personne qui veut bien se prêter à l'expérience.

Dans la salle contiguë, on célèbre l'objet, notamment avec Les bois flottés, une installation de 12 sculptures de Serge Murphy, des assemblages de bois, tissus, fils, cheveux et divers objets. Une oeuvre étrange sur l'esthétisme de l'ordinaire.

À côté, on trouve une autre extravagance avec les sculptures parlantes de Cozic, Réflexions sur un atoll: pourquoi Vuitton, crée en 1994. C'est une étude sur le voyage et l'apparence à partir de faux sacs Vuitton placés sur des radeaux... de fortune.

À côté, on peut admirer Petits riens, de Nicolas Baier, une grande oeuvre que l'on peut prendre, de loin, pour une abstraction. De près, il s'agit de dizaines d'objets du quotidien: des sacs en papier, des stylos, des pièces de monnaie, un pinceau, une capsule de bouteille ou un jeu de cartes.

Dans la même salle s'impose également Tu m', un dernier tableau, une grande sculpture horizontale de Francine Savard, succession de flèches en panneaux colorés déclinant - c'est le cas de le dire - une mort de la peinture.

Et puis le bronze cinétique Vent soudain, de Patrick Coutu, qui explore l'idée de paysage avec ses nuages suspendus; la photo de 2003 de Marina Abramovic, couchée en cuillère avec un squelette (Self Portrait with Skeleton); ou encore Village, de Dominique Blain, sorte de tour de Babel éclairée constituée de coupures de journaux sur la guerre, assemblées comme des têtes de mort. Magnifique de profondeur et d'élévation.

Enfin, il faut prendre le temps de savourer les quatre petites vidéos de l'Australienne Angelica Mesiti, remplies, elles aussi, de beautés du geste conjuguées aux parfums de l'exil, de la solitude et de l'injustice sociale. Quatre histoires humaines sur la puissance du souvenir et de l'éducation originelle.

Vraiment un très bel été au Musée d'art contemporain avant le souffle de la Biennale...

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La beauté du geste, jusqu'au 7 septembre. Au Musée d'art contemporain de Montréal.




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