Coup d'oeil sur la collection Odermatt à l'Arsenal

L'exposition comprend notamment trois oeuvres du Suisse Ugo... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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L'exposition comprend notamment trois oeuvres du Suisse Ugo Rondinone, dont Let's Start This Day Again, un grand arbre blanc majestueux correspondant à un véritable olivier moulé en aluminium.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

L'Arsenal présente jusqu'au 15 mars une sélection d'oeuvres du collectionneur François Odermatt. L'exposition La science des rêves propulse le visiteur dans l'univers magique d'artistes tels que Jean-Michel Othoniel, Ugo Rondinone et David Altmejd.

Fil d'un marchand d'art, François Odermatt a hérité d'oeuvres d'art prestigieuses. Mais il collectionne aussi des oeuvres depuis l'âge de 23 ans. Sa collection d'art contemporain comprend une centaine d'oeuvres, dont une quinzaine est exposée à l'Arsenal.

Le titre de l'exposition est tiré du film La science des rêves de Michel Gondry. Le commissaire Jean-François Bélisle a trouvé que ça collait bien aux oeuvres choisies.

«Les oeuvres de François ont une esthétique bien ancrée et fonctionnent bien les unes avec les autres, dit-il. Celles qu'on a sélectionnées témoignent du monde onirique et je voyais un lien assez direct entre la simili-recette pour les rêves énoncée dans le film et la façon dont les oeuvres sont produites par les artistes.»

Le titre lui est venu à l'esprit quand il a vu l'impressionnant lit à baldaquin en verre soufflé et étain sculpté du Français Jean-Michel Othoniel, oeuvre consacrée aux amis de l'artiste morts du sida. François Odermatt aime beaucoup Othoniel.

«Il a inventé un nouveau média avec le verre», dit-il. Et c'est vrai que ce lit de conte de fées a un côté chimérique. On a hâte de découvrir l'oeuvre qu'Othoniel destine aux jardins de Versailles...

Hommage

L'expo comprend également trois oeuvres du Suisse Ugo Rondinone, dont Let's Start This Day Again, un grand arbre blanc majestueux correspondant à un véritable olivier moulé en aluminium. Hommage aux parents de l'artiste et à leurs rêves de bonheur, l'oeuvre est aussi un tribut à l'attachement à la terre nourricière.

La grande toile The Women Who Knew, de Farhad Moshiri, est également marquante. Il s'agit d'une oeuvre engagée sur le rôle des femmes dans la société iranienne que l'artiste a créée avec des perles et des paillettes.

Appartenant à un collectionneur suisse, la sculpture de David Altmejd La gorge occupe un bel espace central. Il s'agit d'une sorte d'organisme vivant fossilisé dont on voit le fonctionnement interne par transparence, avec son système artériel de liquides colorés et figés.

On admirera aussi l'association astucieuse de l'ampoule en cire d'Ugo Rondinone (La 21e heure du poème) installée au-dessus d'Éléments pour un sablier du Montréalais Roberto Pellegrinuzzi, un lit de négatifs photographiques disposés selon une gradation d'exposition à la lumière. La vie étalée de l'ombre à la lumière et vice versa.

«L'installation fait rêver, dit François Odermatt. Nathalie Bondil a beaucoup apprécié la réunion de ces deux oeuvres.»

Autres artistes de l'exposition: Patrick Bernatchez, Ludger Gerdes, Latifa Echakhch, Rashid Johnson et Franz West.

François Odermatt adore l'art contemporain et ça se voit. Mais sa fortune a des limites. «Aujourd'hui, je n'ai plus de moyens, dit-il. Tout ce que j'ai se trouve dans ma collection.»

Pour pouvoir acquérir d'autres oeuvres, il a donc dû se séparer de joyaux. C'est ainsi qu'en mai dernier, il a dû vendre La valse, sculpture en bronze de Camille Claudel, pour quelque 1,9 million. Ça lui a permis notamment d'acheter une oeuvre du Thaïlandais Korakrit Arunanondchai et une sculpture totémique de Gavin Kenyon à la FIAC de Paris, en octobre, ainsi qu'une oeuvre du jeune artiste d'origine britannique Hugh Scott-Douglas à la foire Art Basel de Miami Beach, en décembre.

Par ailleurs, François Odermatt vient d'être nommé au comité d'acquisition de l'Albright-Knox Art Gallery de Buffalo.

«Je suis très heureux qu'un des plus grands musées américains m'intègre dans son comité d'acquisition aux côtés de grosses pointures comme Carl Gustaf Ehrnrooth, qui siège au Guggenheim, dit-il. Je le dois à ma collection qui a une âme, un fil conducteur, quelque chose de magique. Je n'ai aucun talent artistique, mais je crois que j'ai créé une oeuvre d'art qui est l'ensemble de ma collection. Je ne sais pas si c'est prétentieux de dire ça, mais c'est ce que je ressens!»

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La science des rêves, collection Odermatt, jusqu'au 15 mars à l'Arsenal, au 2020, rue William, à Montréal.




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