Biennale de Montréal 2011: ce hasard qui crée des choses

Le Vancouvérois Ian Wallace fait partie de la... (Photo: François Roy, La Presse)

Agrandir

Le Vancouvérois Ian Wallace fait partie de la quarantaine d'artistes participant à la 7e Biennale de Montréal, consacrée au livre-poème de Stéphane Mallarmé. Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, publié en 1897. Historien de l'art, Ian Wallace expose une douzaine de compositions.

Photo: François Roy, La Presse

Claude Gosselin et David Liss, les deux commissaires de la Biennale de Montréal 2011, ont choisi le hasard comme phare de cet événement d'art contemporain organisé dans l'ex-École des beaux-arts jusqu'au 31 mai. La Presse a rencontré quelques-uns des 40 artistes qui ont planché sur ce thème, notamment le Vancouvérois Ian Wallace et le Français Jean Dupuy.

«Je parle mal le français, mais je le lis tous les jours, commente l'artiste vancouvérois Ian Wallace devant une de ses photographies. Je suis francophile et très respectueux de Stéphane Mallarmé. Il est à la source du Modern art et de ses expressions que sont le collage, l'abstraction et le ready-made. Il a eu même de l'influence sur Picasso.»

Ian Wallace fait partie de la quarantaine d'artistes participant à la 7e Biennale de Montréal (BNL MTL), consacrée au livre-poème de Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, publié en 1897.

Selon Ian Wallace, le hasard a joué un grand rôle dans la vie de Mallarmé, précurseur de l'art contemporain. «La mort de sa petite soeur l'a d'abord beaucoup affecté, puis celle de son fils de 9 ans a été une tragédie, dit-il. Le plus curieux, c'est qu'il avait une très belle voix et il est mort d'une suffocation, chez lui, près de sa table de travail. Il a eu tout un destin.»

Historien de l'art, Ian Wallace expose une douzaine de compositions. Il a photographié des tables de travail rappelant celle de Mallarmé, plaçant des objets qu'on peut relier au poète: son premier essai sur le Coup de dés, ses corrections, la première publication du poème dans la revue Cosmopolis en 1897 puis celle à la NRF en 1914.

Sur l'une des photos, on remarque la première page du poème, blanche. «J'étais inspiré par cette page blanche qui fait partie du poème, dit-il. Il a été le premier à considérer ce blanc. Il est le premier écrivain du monochrome. Ce blanc est un message et un silence à la fois.»

Jean Dupuy

Autre éminent disciple du hasard dans l'art, le Français Jean Dupuy. Il fallait voir dimanche dernier combien les visiteurs buvaient les paroles de ce sympathique monsieur de 85 ans, alors qu'il commentait les oeuvres qu'il expose à la Biennale. L'artiste Jhave, qui expose une vidéo émouvante sur la condition animale, l'écoutait, fasciné.

Dans l'entrée de la Biennale, on a placé une affiche de Jean Dupuy qui porte sur les drames de Tchernobyl et de Fukushima. Le «vert devint rouge» se transforme en «verre de vin rouge» et il écrit ironiquement: Santé!

Il propose aussi Les confessions de Rousseau, oeuvre née du hasard d'une rencontre entre une vieille chaise de dentiste et le livre du philosophe dans lequel une dame évoque la pornographie et ces livres qu'on ne lit d'une seule main... Il a aussi apporté Where, oeuvre faite de bois de lilas indiquant des directions et sa date de naissance, le 22-11, et au bout d'une flèche, 00.

«22, 11 et puis 00, ça m'arrivera, dit-il. Le hasard est stressant.»

Autre grande star de la BNL MTL, Guido Molinari. Le public peut découvrir les nouveaux locaux de la Fondation Guido Molinari, à l'angle des rues Sainte-Catherine Est et Darling. On y présente 12 oeuvres de Moli sur le poème de Mallarmé et six peintures de sa période automatiste. Des peintures peintes dans le noir, au hasard...

En lice pour le prix Sobey Art 2011, Nadia Myre propose un extrait de son projet Cicatrice, où les participants font une cicatrice dans une toile. «C'est un travail artistique mais aussi d'anthropologue, dit-elle. Les gens peuvent participer le dimanche, de 13h à 16h.»

Sylvie Cotton présente Sapience où elle a transformé ses notes de cours de muséologie en confettis assemblés tel un gâteau de mariage. Le tandem Cozic expose Foule, m'as-tu vu?, étude sur le regard par l'intermédiaire de cartons et d'objets qui ont, dans leur procédé de fabrication, des trous et des formes faisant penser à un visage ou à un regard. «Le hasard hait la cécité», commente Yvon Cozic.

Et la Biennale comporte bien d'autres surprises.

La Biennale de Montréal, jusqu'au 31 mai, au 3450, rue Saint-Urbain (angle Sherbrooke). Tous les jours de 12h à 17h (sauf le jeudi 12h-19h). Entrée libre mais don conseillé de 2$. Infos: www.biennalemontreal.org/fr




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer