Denise Verreault: une volonté ferme de développer la Gaspésie

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Denise Verreault souhaite agrandir le chantier naval du Groupe maritime Verreault aux Méchins afin de répondre aux nouvelles normes de l'industrie et de créer de l'emploi en Gaspésie.

PHOTO JOHANNE FOURNIER, COLLABORATION SPÉCIALE, LE SOLEIL

(LES MÉCHINS) Cela fait plus de deux ans et demi que Denise Verreault, PDG de Groupe maritime Verreault, cherche, sans succès, à obtenir du financement pour l'agrandissement de son chantier naval gaspésien. Un investissement qui permettrait pourtant à l'entreprise d'obtenir des contrats qui lui échappent et qui générerait de l'emploi dans une région qui en a bien besoin.

Cela fait deux ans et demi que les démarches de Mme Verreault n'obtiennent pas le moindre écho des institutions financières gouvernementales qui seraient censées collaborer à un tel projet qui permettrait de créer rapidement 75 emplois dans un secteur d'activité économique qui est au coeur même de l'existence de la Gaspésie.

Le gouvernement du Québec, Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement viennent tout juste d'investir 450 millions dans le projet de Ciment McInnis à Port-Daniel-Gascons, au sud de la péninsule gaspésienne. Un projet controversé en raison de sa forte empreinte environnementale et qui ne créera que 200 emplois au moment de sa mise en exploitation.

Les clients d'Hydro-Québec - donc les contribuables québécois - subventionnent à hauteur de 700 millions par an l'achat d'énergie éolienne dont ils n'ont aucunement besoin, mais qui est produite par les parcs éoliens qu'on a implantés essentiellement en Gaspésie pour y assurer une très marginale activité économique.

Le chantier naval de Groupe maritime Verreault est en activité aux Méchins depuis 58 ans maintenant, mais l'industrie navale a évolué au cours des dernières années, la taille des bateaux qui sillonnent les mers ayant considérablement augmenté.

« On doit doubler la taille de la cale sèche pour pouvoir accueillir des bateaux de 275 mètres de long et de 42 mètres de large. C'est ça, les nouvelles normes de l'industrie. L'an dernier, on a dû fermer quatre mois alors qu'on refusait des clients parce qu'on était incapables de recevoir leur navire », explique Denise Verreault.

Le chantier maritime des Méchins est le seul dans l'est du Canada à réaliser l'entretien et la réparation des navires. Des entreprises canadiennes doivent donc faire l'entretien obligatoire de leur flotte à Boston ou en Irlande.

L'entreprise des Méchins emploie 100 personnes. Agrandir la cale sèche permettrait de créer 100 emplois additionnels dans une région de 40 000 habitants, jugée défavorisée.

« Si tu fais une simple règle de trois, c'est l'équivalent de créer 2125 emplois dans la région de Québec ou 16 150 dans le Grand Montréal », illustre Denise Verreault.

Des démarches restées vaines

Il en coûterait 45 millions pour réaliser le projet de modernisation du chantier des Méchins. Le Groupe Maritime Verreault a cogné à toutes les portes pour obtenir le soutien financier indispensable au démarrage des travaux, sans succès.

« À un certain moment, Investissement Québec nous a fait une offre, mais ils voulaient prendre une hypothèque universelle de premier rang sur l'entreprise, ce qui n'avait pas de bon sens.

« Depuis 1985, Industrie Canada, EDC, le gouvernement du Québec et Investissement Québec ont injecté plus de 1 milliard dans le chantier maritime Davie, à Lauzon, qui n'a remboursé à ce jour que 65 millions.

« Je n'ai jamais eu de subvention et je n'en veux pas, mais il faut agrandir notre cale sèche », renchérit la PDG.

Depuis quelques mois, Denise Verreault a revu sa stratégie en décidant de scinder la réalisation du projet en trois phases. La première étape, au coût de 12 millions, permettrait d'élargir la cale sèche sans agrandir la porte d'entrée.

On pourrait alors réaliser des travaux sur la coque de bateaux plus larges. Cette première phase générera 75 des 100 emplois prévus sur l'ensemble de la réalisation du projet.

Même ramené à 12 millions, le projet de modernisation semble laisser encore indifférentes les agences publiques de financement.

« Ils ne nous répondent même pas. On a contacté Jean D'Amour, député de Rivière-du-Loup et ministre responsable de l'implantation de la stratégie maritime du gouvernement québécois, il y a trois mois, et il ne nous a toujours pas rappelés », constate avec dépit la PDG.

« Je n'ai pas d'historique de financement politique avec aucun parti. C'est peut-être ça qui me pénalise. Parce qu'on n'est tout de même pas une start-up, ça fait 58 ans qu'on est en affaires en Gaspésie », ajoute-t-elle avec un brin de cynisme.

Une région à développer 

La PDG de Groupe maritime Verreault ne voit pas qu'au seul développement de son entreprise. Elle affiche aussi une véritable passion à l'endroit du développement économique régional qui l'a amenée à mettre sur pied une entreprise agricole dans son coin de pays.

Depuis huit ans, Denise Verreault a fait l'acquisition de terres agricoles. L'aventure a commencé avec une terre de 200 acres, une autre de 100 acres, une autre encore de 345 acres, puis une dernière de 100 acres pour y faire la culture du chanvre industriel et de l'avoine sans gluten.

« Le chanvre industriel a des vertus exceptionnelles pour la santé et l'alimentation humaine. En ingérant deux cuillerées de graine de chanvre par jour, tu nourris ton ADN humain », explique-t-elle.

L'entrepreneure a mis sur pied l'entreprise La Terre des Anciens, qui s'occupe de tout l'aspect agriculture, et La Minorité des Anciens, qui fera bientôt la transformation sur place des espèces cultivées.

« On a mis en place une filière avec des entreprises de Trois-Pistoles et du Lac-Saint-Jean et on va concentrer la transformation de nos cultures, qui sont toutes biologiques, ici dans la région », explique-t-elle.

Denise Verreault possède également une érablière et une ferme d'élevage de chevaux où les employés du chantier maritime peuvent aller faire de l'équitation avec leurs enfants gratuitement. Une femme d'affaires fortement engagée dans sa région.




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