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Les victimes de Mount Real attendent toujours

Catharine Macdonald et Jean-Claude Dussault ont perdu l'essentiel... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Catharine Macdonald et Jean-Claude Dussault ont perdu l'essentiel de leur fonds de retraite dans l'affaire Mount Real. Le scandale a éclaté en 2005, mais le procès du PDG Lino Matteo n'a toujours pas eu lieu.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

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À 67 ans, Catharine Macdonald et son mari Jean-Claude Dussault sont toujours au boulot, alors qu'ils pensaient couler une retraite paisible et voyager un peu.

Leurs plans ont changé après la perte de 500 000$, l'essentiel de leur fonds de retraite, dans la fraude financière Mount Real, dans laquelle 1600 investisseurs ont perdu un total de 130 millions de dollars.

«J'ai une petite pension parce que j'ai enseigné au secondaire quelques années. Mais je comptais aussi sur mon épargne, raconte Catharine Macdonald. Mon mari, lui, n'a jamais eu de régime de retraite à son travail. C'est l'épargne de toute sa vie qui a été engloutie dans cette histoire.»

Déboires et délais

Le scandale Mount Real a éclaté en 2005, la même année que celui de Norbourg. Mais alors que Vincent Lacroix est sur le point d'être libéré après avoir purgé sa peine en prison et en maison de transition, le grand patron de Mount Real, Lino Matteo, est toujours libre. Il n'a toujours pas eu son procès.

Cette affaire est tellement complexe que cinq enquêteurs de l'AMF ont passé trois ans à amasser toutes les preuves nécessaires avant de déposer des accusations. Lino Matteo est aussi accusé au criminel dans une affaire connexe, soit le scandale Cinar-Norshield.

Les victimes n'ont pas non plus été indemnisées par le Fonds d'indemnisation des services financiers. Les investisseurs floués ne sont pas admissibles, a répondu l'AMF, parce qu'elle n'avait pas approuvé les produits vendus par leurs conseillers financiers.

Leur demande de recours collectif a été autorisée en 2011, mais l'affaire n'a toujours pas été entendue. Les victimes dénoncent les manoeuvres utilisées par les firmes visées - parmi lesquelles le cabinet de vérification comptable Deloitte&Touche et le gardien de valeur B2B Trust (Banque Laurentienne) - pour retarder les procédures.

En attendant, Catharine Macdonald enseigne à l'Université Concordia et son mari travaille dans le domaine de la construction, pour l'entreprise de son fils. Ils ne savent pas quand ils pourront prendre leur retraite.

Mme Macdonald est d'autant plus amère de cette infortune qu'elle assure avoir pris toutes les précautions nécessaires. «Notre planificateur financier avait un permis de l'AMF, Mount Real était en Bourse, leurs livres étaient vérifiés par des firmes comptables reconnues, on a fait tout ce qu'on était supposé faire comme investisseurs, dit-elle. Mais on passe pour des personnes imprudentes et naïves.»

Les victimes ont eu bien peu de soutien, que ce soit des élus provinciaux ou fédéraux, ou de l'AMF, déplore-t-elle. Une pétition déposée l'an dernier à l'Assemblée nationale pour demander que tous les produits financiers soient couverts par le Fonds d'indemnisation est restée lettre morte.

«Il faut qu'on continue d'en parler, parce que la même chose pourrait arriver à d'autres épargnants tant que rien n'est fait pour mieux protéger les investisseurs, dit Janet Watson, porte-parole des victimes de Mount Real. Il faudrait un système d'assurance pour les investissements.» Au lieu de s'organiser des journées au spa comme d'autres retraitées, Catharine Macdonald et Janet Watson s'organisent des journées au palais de justice pour suivre les procédures contre Lino Matteo, disent-elles à la blague, tentant de garder le moral malgré ces pénibles circonstances.

«C'est important pour moi de suivre les procédures judiciaires, de voir ce qui se passe, explique Mme Macdonald. C'est ma façon d'accepter ces pertes. Mais c'est difficile de voir que ce n'est pas encore réglé. On a l'impression qu'on ne peut pas mettre ça derrière nous.»




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