Nids-de-poule: le climat, pas seul responsable

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Outre les changements de température, plusieurs facteurs expliqueraient en effet la formation des nids-de-poule: la pression exercée par le poids des véhicules, la qualité du composite étendu et la technique de pose.

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Isabelle Burgun
Agence Science Presse

L'arrivée du printemps amène immanquablement son lot de nids-de-poule. À qui la faute? Les Québécois pointent trop souvent le climat pour expliquer cette incontournable calamité de la vie en ville, soutient le chercheur Djemel Ziou de la faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke.

« Cette réponse est simpliste, preuve que le problème est mal compris alors qu'il occasionne de nombreuses perturbations routières et coûte beaucoup d'argent. »

Outre les changements de température, plusieurs facteurs expliqueraient en effet la formation des nids-de-poule: la pression exercée par le poids des véhicules, la qualité du composite étendu et la technique de pose. Lorsqu'une fissure apparaît, l'infiltration d'eau accélère la déformation sous l'effet du gel et du dégel. Et sous le poids et la circulation des véhicules, elle se transforme en trou béant.

Pour Djemel Ziou, il n'y a qu'à traverser les frontières pour se rendre compte que les routes, sous les mêmes latitudes, n'offrent pas les mêmes fractures et déformations. Pour expliquer cette différence, il pointe du doigt la manière dont les routes sont faites ou réparées. « Nous en savons beaucoup sur la manière de faire les routes, mais il nous faut vivre avec un héritage et ses conséquences. Nous faisons peu de routes neuves », explique-t-il.

Au Centre de recherche en Modélisation en Imagerie, Vision et Réseaux de Neurones (MOIVRE), le chercheur a mis au point avec son équipe un logiciel inspecteur dont la vision artificielle analyse la température de l'asphalte. En temps réel, cet « Analyseur thermo » suit, sans intervention humaine, l'épandage du bitume dans la fracture de la route. Capté par la caméra et le scanneur infrarouges, chaque millimètre est alors analysé en continu et validé par les algorithmes numériques. « Les différences de températures fragilisent la réparation. Et cette ségrégation linéaire du chaud-froid crée le futur nid-de-poule. »

Lorsque le fournisseur d'asphalte transporte le composite bitumineux, la surface peut aussi se refroidir d'où l'importance de vérifier les réglages de température et du mixage. « Le contrôle de l'épandage en temps réel permet d'ajuster la machinerie pour que cela ne se produise plus », relève-t-il. L'inspection continue de la pose du composite et de sa température aide ainsi à anticiper les zones fragiles, susceptibles de devenir des fissures évitant qu'un nouveau nid-de-poule naisse au même endroit au prochain redoux.

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