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Médecins de famille: Québec contrôle à peine 5% des hausses salariales

Dans un rapport déposé à l'automne 2015, le Vérificateur... (Photo Emily Ber, archives The New York Times)

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Dans un rapport déposé à l'automne 2015, le Vérificateur général du Québec dénonçait l'effritement du pouvoir de l'État dans la rémunération médicale.

Photo Emily Ber, archives The New York Times

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(QUÉBEC) Québec s'est réservé un plein contrôle sur 15 des 265 millions supplémentaires qui seront versés aux médecins de famille en trois ans. Ainsi, 95 % de l'enveloppe sera dépensée selon des priorités définies par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Comme La Presse le révélait plus tôt cette semaine, les 9500 membres de la FMOQ toucheront une augmentation moyenne de 10 % en trois ans, ce qui représente une somme récurrente de 265 millions. C'est ce que prévoit l'entente de principe conclue avec le gouvernement Couillard.

Les deux parties se sont entendues pour que 250 millions en hausses de rémunération soient dépensés selon les priorités de la FMOQ. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) décidera à quoi seront consacrés les 15 millions restants - environ 5 % de l'enveloppe. Il a déjà tranché que 5 millions serviraient à financer davantage la garde en disponibilité.

Dans un rapport déposé à l'automne 2015, le Vérificateur général du Québec dénonçait l'effritement du pouvoir de l'État dans la rémunération médicale. Il déplorait que les accords en vigueur fassent en sorte que « le MSSS perdra, pour une part importante des versements convenus, sa capacité à orienter la manière dont les sommes à verser seront utilisées. Il perdra également sa capacité à se servir de la rémunération comme levier pour améliorer entre autres l'accessibilité et l'organisation des services médicaux ».

PAS DE COMMENTAIRES

L'entente de principe ne semble pas inverser la tendance. Ni le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, ni le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, n'ont voulu faire de commentaires, plaidant que l'accord n'avait toujours pas été ratifié par les membres de la FMOQ.

Selon les informations obtenues par La Presse, la FMOQ veut qu'une part de l'enveloppe soit consacrée à une augmentation paramétrique, donc à une hausse de rémunération identique pour tous ses membres. Une autre part servira à financer des priorités définies par le syndicat : la prise en charge de patients, les soins à domicile, la pratique en CHSLD, les services en santé mentale et l'implication de médecins dans l'administration.

La FMOQ reconnaît qu'elle a une large autonomie dans l'utilisation des sommes. Mais le ministre doit ultimement approuver les changements apportés à la grille tarifaire de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), plaide-t-elle. Il y a déjà eu des désaccords dans le passé selon le syndicat, qui se souvient d'un accrochage avec le gouvernement Marois. Mais le MSSS partage bien souvent les priorités syndicales, estime la FMOQ. Il veut lui aussi consacrer de nouvelles sommes à la pratique en CHLSD et aux soins à domicile, par exemple.

Québec a toutefois certaines priorités qui diffèrent de celles de la FMOQ. Le MSSS veut favoriser le travail en collaboration avec les infirmières praticiennes spécialisées - les fameuses « super infirmières » -, un dossier litigieux avec le corps médical.

L'entente de principe prévoit aussi le versement de 756 millions, non récurrents, aux médecins de famille de 2017 à 2023. Cette cagnotte représente des sommes que Québec leur avait accordées dans le passé mais ne leur avait pas encore versées.




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