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Retard au CHUM: la note de crédit du consortium abaissée

La note de DBRS révèle notamment que le... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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La note de DBRS révèle notamment que le CHUM et CSM travaillent actuellement sur « une entente [accommodation agreement] qui permettrait de réduire la portée des travaux restants pour atteindre l'achèvement de la phase 1 ».

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L'agence de notation DBRS vient d'abaisser la note de crédit du consortium Collectif Santé Montréal (CSM) de BBB élevé à BBB en raison des nombreux retards qui s'accumulent sur le chantier du CHUM. Des informations contenues dans la note explicative de DBRS publiée le 20 octobre ont aussi permis à La Presse d'apprendre que Québec négocie actuellement avec le consortium en vue de prendre possession plus rapidement de certains bâtiments de l'hôpital.

La date de livraison de la phase 1 du nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), prévue pour avril 2016, a été largement dépassée, note DBRS dans son rapport. CSM prévoit maintenant terminer les travaux au plus tard en juin 2017, selon le porte-parole du consortium, Stéphane Mailhot.

Certaines parties du projet pourraient toutefois être livrées avant. M. Mailhot confirme être en discussion avec le CHUM pour pouvoir établir « ce qui sera livré » dès la fin de mars 2017.

Directeur des communications au bureau de modernisation des CHU de Montréal, Martin Viau explique qu'une des deux tours du nouvel hôpital pourrait par exemple être livrée en premier afin que le CHUM puisse entamer son « activation » avant juin prochain. « Mais ce devra être prêt. Un certificateur indépendant décidera si la livraison pourra être faite ou non en fonction de la conformité des installations », explique M. Viau. Dès que le certificateur autorisera la livraison de certaines parties du projet du CHUM, le gouvernement devra commencer à verser une partie du loyer mensuel de 11 millions prévu dans le contrat en partenariat public-privé.

Une note de DBRS révèle également que le CHUM et CSM travaillent actuellement sur « une entente [accommodation agreement] qui permettrait de réduire la portée des travaux restants pour atteindre l'achèvement de la phase 1 ».

M. Viau explique que les parties tentent de s'entendre sur des « travaux reportés », soit des travaux qui pourraient ne pas être terminés au moment de la prise de possession de l'hôpital, mais sans nuire à son activation. Par exemple, des tunnels reliant certains pavillons du CHUM pourraient ne pas être terminés, explique M. Viau.

« Mais tous les éléments majeurs, essentiels au fonctionnement de l'hôpital, devront être fonctionnels pour l'activation. »

Conseiller syndical à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean-Pierre Daubois craint pour sa part que les négociations en cours ne diminuent la portée de la phase 1. « Acceptera-t-on une phase 1 moins achevée que ce qui était prévu au départ ? Aura-t-on des bouts d'hôpital non fonctionnels ? Il y a lieu de se poser beaucoup de questions », dit-il.

EXIGENCES DE QUALITÉ

Dans sa note, DBRS exprime également des doutes sur la possibilité que les travaux puissent être terminés dès mars 2017. Selon l'agence de notation, une certaine « incertitude » plane quant à « la probabilité que le constructeur termine les travaux à temps ».

Dès avril 2016, DBRS avait soulevé des préoccupations quant aux délais croissants dans le projet du CHUM et notait qu'une nouvelle décote était possible. Depuis, même si la phase 1 est achevée à 99 %, « certains des éléments restants sont critiques et demandent beaucoup de temps à réaliser », écrit DBRS.

Une baisse de la note de crédit peut faire grimper les coûts d'emprunt des constructeurs, explique Jean-Pierre Aubry, fellow invité au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). Pour lui, la décote est la « suite logique » des nombreux retards et problèmes sur le chantier du CHUM.

« Cette nouvelle décote met encore plus de pression sur cette compagnie, pour qui ça devient plus cher d'emprunter. »

M. Mailhot affirme au contraire que cette décote de DBRS n'a « aucun impact » sur CSM. « Le communiqué de DBRS sert à informer les détenteurs de titres », dit-il.

ÉCHÉANCE ULTIME : OCTOBRE 2017

Pour le professeur-chercheur à l'Institut national de la recherche scientifique Pierre J. Hamel, la note de DBRS est un « sérieux avertissement ». « Ça indique que si les futurs échéanciers ne sont pas respectés, ça ira mal pour le consortium », dit-il.

Dans le document, on parle en effet de la date butoir ultime, soit le 22 octobre 2017. Si, à cette date, la phase 1 n'est pas encore livrée en entier, le contrat pourra carrément être résilié. M. Mailhot mentionne toutefois que cette date « ultime » ne fait « pas partie de nos scénarios ». « Actuellement, tous les efforts sont faits pour terminer ce projet de grande qualité avant le début de juin 2017 », dit-il. M. Viau assure quant à lui ne voir « aucun risque » à ce que le chantier s'étire passé juin.

Considérant « l'historique » de longues négociations dans le projet du CHUM et la « relation ténue avec l'hôpital », DBRS mentionne que la note de crédit de CSM pourrait de nouveau être abaissée en cas de non-respect des échéanciers. La firme annonce toutefois que cette note pourrait aussi être revue à la hausse si la phase 1 est livrée à temps.

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