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Plus de 900 pertes d'emplois dans les pharmacies

Québec tarde à autoriser le déplafonnement des allocations... (Photo Alden Pellet, archives Associated Press)

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Québec tarde à autoriser le déplafonnement des allocations professionnelles des pharmaciens, et ceux-ci doivent adopter des mesures pour boucler leur budget, dont le licenciement d'employés, soutient l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

Photo Alden Pellet, archives Associated Press

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Depuis septembre, plus de 930 travailleurs employés dans des pharmacies du Québec ont perdu leur emploi, révèle un sondage mené pour le compte de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), obtenu par La Presse.

Québec tarde à autoriser le déplafonnement des allocations professionnelles des pharmaciens, et ceux-ci doivent adopter des mesures pour boucler leur budget, dont le licenciement, affirme le président de l'AQPP, Jean Thiffault. Explications.

PROBLÈMES DE RISTOURNES

En juin, les pharmaciens propriétaires ont accepté de subir des compressions de 400 millions sur trois ans. En contrepartie, Québec s'engageait à lever le plafond de leurs allocations professionnelles, aussi appelées ristournes. Depuis septembre, 50 millions ont été prélevés par Québec auprès des pharmaciens. Mais encore aujourd'hui, le plafond de leurs allocations professionnelles n'est pas levé. « Ce décalage a un effet financier majeur sur nos membres. On a reçu plusieurs appels de pharmaciens en détresse », témoigne le vice-président de l'AQPP, Jean Bourcier, qui explique avoir mandaté la firme Léger pour mener un sondage auprès de ses membres sur l'impact du retard du déplafonnement.

  • Nombre de pharmaciens propriétaires au Québec : 2056
  • Nombre de pharmaciens sondés : 850
  • Proportion de la rentabilité des pharmacies québécoises que représentent les allocations professionnelles : 26 %

FERMÉ LE DIMANCHE

Pour équilibrer leur budget, 29 % des pharmacies ont diminué leurs heures d'ouverture depuis septembre. En moyenne, chaque pharmacie de la province a sabré 1,9 heure d'ouverture par semaine. « Une pharmacie a par exemple décidé de fermer le dimanche pour arriver », illustre M. Bourcier. « Le gouvernement plaide toujours qu'il veut améliorer l'accès à la première ligne. Mais présentement, l'accès est diminué », remarque M. Thiffault.

  • Nombre moyen d'heures d'ouverture par semaine des pharmacies du Québec : 72

934 PERTES D'EMPLOIS

De nombreuses pharmacies ont également dû réduire les heures de travail de certains employés.

Proportion de pharmaciens propriétaires qui ont réduit les heures de...

  • PHARMACIENS : 53 % (moyenne de 6 heures sabrées par semaine par pharmacie)
  • ASSISTANTS TECHNIQUES : 47 % (moyenne de 8,3 heures sabrées par semaine par pharmacie)
  • PERSONNEL « DE PLANCHER » : 44 % (moyenne de 9,8 heures sabrées par semaine par pharmacie)

En tout, ces diminutions d'heures ont entraîné 934 pertes d'emplois. « Sur une aussi courte période, c'est énorme », estime M. Bourcier.

  • Nombre de personnes travaillant dans les pharmacies du Québec : 41 000

BYE-BYE, SOUPER SPAGHETTI

Incapable d'arriver, 27 % des pharmaciens se sont tournés vers leur banque pour obtenir plus de financement. Par manque de budget, 87 % des pharmaciens disent avoir diminué leurs contributions à des organismes communautaires. Les commandites des pharmaciens aux soupers spaghetti, aux tournois de hockey et aux autres activités de groupes communautaires ont diminué de 4,5 millions depuis cinq mois, selon le sondage. « Et 42 % des pharmaciens ne prennent plus de stagiaires », ajoute M. Bourcier.

CRAINTE DU PROJET DE LOI 81

Aujourd'hui, l'AQPP sera à Québec pour prendre part à la commission parlementaire sur le projet de loi 81 sur le coût des médicaments. Par cette loi, Québec veut réduire le coût de certains médicaments en ayant recours à des appels d'offres. L'AQPP estime que ce projet de loi « change le modèle d'affaires » et que les pharmaciens risquent d'en payer le prix. L'AQPP souhaiterait s'asseoir avec Québec pour « revoir le mode de rémunération des pharmaciens ». M. Bourcier déplore ne pas avoir beaucoup de sympathie de la part du gouvernement. « On n'est pas des négligés de la société. Mais il y a une limite à notre capacité de résilience », dit-il.

  • Profit annuel moyen par pharmacie : 374 000 $
  • Moyenne de pharmaciens propriétaires par pharmacie : 1,8
  • Semaine moyenne de travail des pharmaciens : 55 heures

ANALYSE EN COURS À QUÉBEC

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on explique que la levée du plafond des allocations professionnelles doit être adoptée par règlement et que le processus « suit son cours ». « La période de prépublication s'est terminée le 5 février. Nous sommes en train d'analyser les commentaires reçus en vue de la publication, comme le veut la procédure », affirme l'attachée de presse du ministre Barrette, Julie White.

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