Barrette «pave la voie à la privatisation», accuse le PQ

Mardi, Gaétan Barrette a annoncé un projet-pilote permettant... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Mardi, Gaétan Barrette a annoncé un projet-pilote permettant à trois cliniques privées de faire des chirurgies d'un jour payées par l'État.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(QUÉBEC) Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barette, «pave la voie à la privatisation» des soins de santé en finançant des cliniques privées pour opérer des patients, accuse le Parti québécois.

Mardi, Gaétan Barrette a annoncé un projet-pilote permettant à trois cliniques privées de faire des chirurgies d'un jour payées par l'État. Le projet-pilote sera réalisé avec des chirurgiens des hôpitaux de la grande région de Montréal. Le budget est d'environ quatre millions de dollars par année.

Le ministre a indiqué mercredi qu'il négociera avec les trois cliniques la valeur des profits qu'elles feront grâce à ce projet-pilote. «Elles peuvent avoir une marge bénéficiaire, mais qui va être minimale», a-t-il dit sans autre précision.

L'article 24 du projet de règlement publié dans la Gazette officielle prévoit que «chaque clinique sera financée selon les dépenses réelles engagées (coûts directs et indirects) pour produire les services visés ainsi qu'une marge de profit».

Pour le ministre, il ne s'agit pas d'une privatisation dans la mesure où les chirurgies seront payées par l'État et non les patients.

Le PQ voit les choses autrement. «C'est très, très clair: ça pave la voie à la privatisation. Il a beau dire que ce n'est pas ça qu'il veut faire, mais il pose vraiment toutes les pierres, les briques pour qu'on arrive à cette conclusion-là. C'est très préoccupant», a affirmé la députée péquiste Diane Lamarre, porte-parole en matière de santé.

Selon elle, l'argent doit plutôt être investi dans les hôpitaux pour utiliser davantage les blocs opératoires. Prétendre que le projet-pilote permettra de réduire les listes d'attente est un «faux argument» à ses yeux.

Le ministre «met tout l'argent, incontestablement, à répétition, du côté des médecins, et du côté du privé cette fois-ci. Vraiment, clairement, c'est une privatisation», a-t-elle dit.

Elle remet en question le choix des trois cliniques sélectionnées. La clinique Chirurgie Dix30 se trouve dans la circonscription de Gaétan Barrette, observe-t-elle. Le Groupe Opmédic détient les cliniques Procrea, qui «ont été certainement favorisées» avec la décision du gouvernement Couillard de mettre fin à la gratuité des services de procréation assistée. La Clinique Rockland MD «ressurgit» après avoir perdu son partenariat public-privé avec l'hôpital Sacré-Coeur. Elle «avait déjà été ciblée par le gouvernement libéral comme une clinique avec laquelle on voulait faire affaire», a-t-elle ajouté.

Pour Gaétan Barrette, le projet-pilote est également une première étape vers la mise en place de la réforme du financement des hôpitaux - ils seront financés à l'activité plutôt que sur une base historique. Le projet-pilote vise ainsi à comparer les coûts de chirurgies d'un jour entre les hôpitaux et les cliniques privées. L'objectif est d'avoir «les bons indicateurs» qui permettront «éventuellement d'ajuster le financement des établissements publics» et «améliorer la performance du réseau». Il «soupçonne » les cliniques privées d'offrir des chirurgies à meilleur coût et veut le vérifier.

Pour Diane Lamarre, le ministre se sert de sa réforme du financement pour donner plus de place au privé dans les soins de santé. Et «c'est un faux étalonnage quand on utilise les cliniques privées», a-t-elle plaidé.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer