Barrette dénonce l'intimidation au CHUM

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Gaétan Barrette

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Dénonçant sévèrement l'intimidation qui sévit au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le ministre de la Santé Gaétan Barrette a martelé, hier, qu'il n'acceptera pas «que des employés se fassent congédier dans cette affaire-là».

«Il y a des gens qui se sentent menacés! a dit le ministre dans une mêlée de presse à Québec [...] Il y a une chasse aux sorcières là! C'est ça, le climat de l'hôpital. Je n'accepterai pas qu'une seule personne soit congédiée dans cette histoire-là. C'est-tu assez clair, ça? La confiance doit revenir. Il y a un chemin pour ça, je l'ai montré. Ils ne veulent pas le prendre? C'est leur responsabilité.»

Le ministre réagissait au fait que le président du CHUM, Jacques Turgeon, a refusé, mercredi, l'envoi d'observateurs indépendants au CHUM pour régler la «crise de confiance» qui y sévit.

M. Turgeon n'a pas voulu accorder d'entrevue, hier.

Débat d'observateurs

Le 26 mars, deux inspecteurs ont rendu un rapport sur la gestion du CHUM. Dans ce rapport, Dr Michel Baron et Claude Desjardins recommandaient entre autres l'envoi d'un observateur indépendant pour superviser le processus de nomination du futur chef de chirurgie du CHUM. La crédibilité de ce processus est sévèrement remise en doute par les chirurgiens du CHUM depuis des mois.

Le 31 mars, M. Turgeon a écrit au ministre pour lui demander de «considérer la présence de membres observateurs sur le comité de sélection pour la nomination du chef de département de chirurgie».

Le 4 avril, le chef intérimaire de chirurgie du CHUM, le Dr Conrad Pelletier, a démissionné de ses fonctions après qu'un de ses courriels personnels, dans lequel il demandait au recteur de l'Université de Montréal d'intervenir pour solliciter plus de candidatures dans la course à la direction, eut circulé. Ce courriel avait soulevé la colère des chirurgiens du CHUM, qui y voyaient une preuve de la partialité du processus de sélection.

Le 16 avril, le ministre Barrette a accepté d'envoyer des observateurs au CHUM, à condition que ceux-ci soient aussi nombreux que les membres du comité de sélection et qu'ils aient droit de parole et droit de vote.

En Chambre, le député péquiste Stéphane Bergeron a accusé hier le ministre d'avoir voulu «paqueter le comité de sélection». Selon M. Bergeron, «devant l'absurdité de la proposition du ministre, le directeur général l'a forcé à reculer».

Le ministre a expliqué que le rapport des inspecteurs Baron et Desjardins a été rendu avant la démission du Dr Pelletier. Pour lui, «la donne a changé» à ce moment et a justifié sa proposition.

«La perception actuelle est une perception de partialité. C'est ça qui est la perception. [...] Si moi j'envoie un observateur, j'envoie un observateur qui est dilué dans un processus pour lequel à la case départ il y a un bris de confiance», a expliqué M. Barrette. Nommer autant de membres externes que de membres internes permettrait selon lui de «ramener la confiance».

Déception

En matinée, le ministre s'était également dit «déçu» du refus de Jacques Turgeon, quant à son offre. Selon le ministre, le refus de Jacques Turgeon fera en sorte que «la perception» selon laquelle le processus «n'est pas équitable va demeurer».

«Je suis déçu de (la) réponse du PDG Turgeon, a-t-il ajouté. Il a le droit d'aller dans cette direction, mais je ne pense pas que ce soit la bonne décision.»

Le ministre a souligné que le PDG a la responsabilité de rétablir la confiance, pas seulement des médecins, mais aussi du grand public.

M. Barrette s'est défendu de miner l'autorité du PDG. «J'ai encore confiance» en Jacques Turgeon, a-t-il dit. «C'est difficile pour lui. Il doit prendre des décisions difficiles. Je lui ai dit qu'il avait la responsabilité de mettre en place une procédure qui va générer la confiance chez tout le monde.»

Que fera le ministre à partir de maintenant? «On va voir comment ça va aller», a-t-il répondu, soulignant que le processus de sélection est toujours en cours. «Mais à un moment donné, ça ne peut continuer éternellement», a-t-il prévenu.

Trois candidats sont en lice pour devenir chef de la chirurgie: Michel Gagner, Patrick Harris et Richard Ratelle.

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