Cannabis médical: «Du charlatanisme», accuse Barrette

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L'ouverture d'une première clinique à Montréal est « prématurée » selon Gaétan Barrette.

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(Québec) L'ouverture d'une première clinique de cannabis médical risque d'entraîner des « dérapages » et des « accidents », craint le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Selon lui, le nouveau règlement de Santé Canada sur le pot thérapeutique relève du « charlatanisme ».

Il accuse le fédéral d'avoir soustrait le cannabis du processus normal d'homologation de tout médicament pour des raisons « politiques ». Les médecins naviguent en plein brouillard au sujet de cette substance. « Ils deviennent essentiellement des vendeurs », a-t-il soutenu au cours d'un entretien avec La Presse mardi.

L'ouverture d'une première clinique à Montréal est « prématurée » selon lui. « C'est une chose que ni le gouvernement du Québec ni le Collège des médecins ni les fédérations médicales probablement ni les infirmières et tous les autres ordres professionnels en santé n'en ont voulue », a-t-il affirmé. « On a mis tout le monde devant un fait accompli ».

Comme président de la Fédération des médecins spécialistes puis ministre de la Santé, Gaétan Barrette a tenté de dissuader Ottawa d'aller de l'avant avec son règlement sur le cannabis thérapeutique, qui est entré en vigueur en avril.

Le cannabis, « c'est une drogue. On met le fardeau sur le corps médical d'administrer ce qui est considéré comme un médicament sans aucune science. On nous donne la responsabilité de faire la prescription, à la limite de le vendre (comme) un médicament, alors qu'on ne connaît pas la posologie, les effets secondaires, les effets primaires. Écoutez, c'est du charlatanisme », a-t-il soutenu.

Il aurait fallu faire des recherches avant, comme le croit le Collège des médecins. De telles recherches ont une durée d'un à deux ans, estime M. Barrette.

« Un médicament aujourd'hui, c'est homologué, a expliqué le ministre. Et l'homologation, ça veut dire qu'on a déterminé ses effets primaires et secondaires, et on a déterminé des posologies thérapeutiques vérifiées scientifiquement. Trouvez-moi l'étude qui fait ça avec le cannabis ! »

« On nous demande d'utiliser une substance à des fins thérapeutiques dans des paramètres qui n'ont rien de scientifique. Le potentiel de dérive, mon cher monsieur, il est là ! » a-t-il ajouté.

Il dit avoir « les mains liées » par le fédéral et ne peut intervenir pour, par exemple, fermer la clinique. Il invite les médecins à « agir avec la plus grande prudence ».

« La raison, ce qu'elle dit, c'est qu'on ne devrait pas faire ça (autoriser le cannabis médical). Pas parce qu'on est pour ou contre la marijuana. Ce n'est pas ça la question. La question, c'est que si on l'utilise pour des fins thérapeutiques, qu'on vive avec les règles du monde thérapeutique. Mais là, on vit avec des règles qui sont un espèce de mélange de politique et de commerce. Ça n'a pas suivi le chemin normal d'homologation de tout médicament. Écoutez, l'Aspirin est passé par ce processus-là ! Le médecin va se baser sur quoi exactement ? Ça va être empirique. Alors là, on part de l'objectivité à la subjectivité, et pire, à l'empirique. L'empirique, c'est le 19e siècle ! Ce n'est pas un moment glorieux de l'histoire de la médecine au Canada. »

Selon lui, « malheureusement, il y aura des dérapages et des accidents. Le fédéral devra prendre ses responsabilités. Nous, on a tous été contre ça. On n'a pas été entendus. »

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