Réforme en santé: les psychiatres inquiets

Environ 30 % des lits de soins actifs... (Photo Martin Tremblay, archives La Presse)

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Environ 30 % des lits de soins actifs en psychiatrie dans les hôpitaux de Montréal sont occupés par des patients en attente d'hébergement.

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Alors que se dessine une importante réforme dans le milieu de la santé, la présidente de l'Association des médecins psychiatres du Québec, la Dre Karine Igartua, craint que le manque de ressource, déjà criant dans son secteur, ne s'empire avec les compressions annoncées.

«Le nombre de lits en psychiatrie dans les hôpitaux n'a cessé de diminuer depuis 15 ans, note la spécialiste. Là, on a atteint un point de rupture.»

Environ 30 % des lits de soins actifs en psychiatrie dans les hôpitaux de Montréal sont occupés par des patients en attente d'hébergement. «Des durées de séjour de 120 heures à l'urgence en psychiatrie, ce n'est pas rare», constate la Dre Igartua.

Le manque de ressources d'hébergement est tel que la Dre Igartua a déjà vu des patients séjourner deux ans à l'hôpital. «Ce n'est vraiment pas souhaitable. Il est extrêmement difficile d'intégrer ensuite ces patients dans une nouvelle communauté. Ça ne peut plus durer», dit-elle.

Uniquement à Montréal, 591 patients atteints de troubles mentaux attendent actuellement une place en hébergement, et de ce nombre, plus d'une centaine attendent dans les hôpitaux, ce qui coûte très cher au système, dénonce la Dre Igartua.

«La situation est connue. L'an passé, un rapport recommandait l'ajout de 100 places d'hébergement en santé mentale à Montréal. Mais rien n'a bougé, note-t-elle. Et avec la réforme en santé, on annonce plutôt des coupes en santé mentale.»

Une coupe de neuf millions

Plus tôt cette semaine, on apprenait que l'Agence de la santé de Montréal s'apprêtait à couper 87 millions dans son budget de cette année, dont 9 millions en santé mentale.

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on assure que les patients recevant des soins en santé mentale ne seront pas pénalisés. «Le ministre a répété cette semaine qu'il n'accepterait aucune coupe de services en santé mentale», affirme l'attachée de presse du ministre Barrette, Joanne Beauvais.

Mais la Dre Igarta reste inquiète. Elle déplore notamment que le plan d'action en santé mentale 2010-2015, attendu depuis des années, ne soit toujours pas déposé par le gouvernement. «Il y a eu le plan 2005-2010. Mais on attend toujours la suite. Ça devient ridicule», dit-elle.

«Le prochain Plan d'action en santé mentale est en élaboration à la suite des consultations qui ont été menées en janvier 2014 avec les intervenants du réseau [...] L'ébauche du prochain Plan sera présentée au ministre sous peu», conclut Mme Beauvais.

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