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Trois orthopédistes sans travail au Québec, faute de budget

À l'hôpital Pierre-Le Gardeur, deux des sept postes... (Photo archives La Presse)

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À l'hôpital Pierre-Le Gardeur, deux des sept postes d'orthopédistes restent non pourvus. Dans cet établissement, «l'accueil de nouveaux spécialistes [...] est évalué selon les secteurs où les listes d'attente sont les plus importantes», affirme la porte-parole du centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Sud de Lanaudière, Line Lebrun, qui ajoute que «les besoins les plus pressants sont présentement en urologie et en plastie».

Photo archives La Presse

Deux hôpitaux du Québec vivent actuellement une situation inédite: même si le gouvernement les autorise à embaucher un orthopédiste pour combler les besoins de la population, la Cité-de-la-Santé de Laval et l'hôpital Pierre-Le Gardeur à Repentigny ne peuvent le faire, faute de budget et de salles d'opération disponibles. Par conséquent, au moins trois diplômés en orthopédie sont sans emploi, a appris La Presse.

«C'est la première fois que ça arrive au Québec», confirme le président de l'Association d'orthopédie du Québec, le Dr Louis Bellemare.

Le gouvernement, par l'entremise des Plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM), autorise les hôpitaux à engager un certain nombre de médecins spécialistes chaque année. «Ces PREM sont établis en fonction des besoins de la population», explique le Dr Bellemare.

À l'hôpital Pierre-Le Gardeur, deux des sept postes d'orthopédistes restent non pourvus. Dans cet établissement, «l'accueil de nouveaux spécialistes [...] est évalué selon les secteurs où les listes d'attente sont les plus importantes», affirme la porte-parole du centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Sud de Lanaudière, Line Lebrun, qui ajoute que «les besoins les plus pressants sont présentement en urologie et en plastie».

À la Cité-de-la-Santé, un des neuf postes d'orthopédistes est toujours ouvert.

«Des analyses sont en cours actuellement sur la possibilité de combler le PREM en tenant compte des besoins des clientèles, de nos ressources disponibles et des budgets qui nous seront alloués», affirme la porte-parole du CSSS de Laval, Josée Provost.

Manque d'argent

Le Dr Bellemare explique que c'est un «manque de plateaux techniques» qui explique le fait que certains hôpitaux ne pourvoient pas leur poste.

«Les orthopédistes ne sont qu'une partie de la chaîne de montage. Pour qu'ils puissent travailler, il faut des salles d'opération, des locaux de clinique externe, des infirmières... Les besoins de la population sont là, les listes d'attente sont encore longues, mais les ressources manquent», déplore le Dr Bellemare.

Celui-ci précise que des plans d'agrandissement de services de chirurgie de certains hôpitaux ont déjà été envisagés. «Mais dans le contexte budgétaire actuel, ç'a été mis sur la glace», note le Dr Bellemare.

Parce que certains hôpitaux ne peuvent engager d'orthopédistes, trois médecins qui termineront leur formation en orthopédie en juin sont «techniquement sans emploi» actuellement, mentionne le Dr Bellemarre. «Les Québécois ont payé pour former ces gens-là», dit-il. La formation d'un orthopédiste, qui dure en moyenne neuf ans, coûte environ 500 000$, estime le Dr Bellemare.

En Ontario, le manque de plateaux techniques est un problème encore plus criant. Une centaine de diplômés en orthopédie sont sans emploi et doivent travailler à la pige. «Il ne faudrait pas se rendre là», dit le Dr Bellemare.




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