Ritalin dans les universités: appel à une intervention plus musclée

Un nombre croissant d'étudiants utilisent des stimulants normalement... (Photo: François Roy, Archives La Presse)

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Un nombre croissant d'étudiants utilisent des stimulants normalement utilisés pour atténuer des problèmes de déficit d'attention et d'hyperactivité comme le Ritalin et l'Adderall, pour tenter d'améliorer leurs résultats scolaires.

Photo: François Roy, Archives La Presse

De 5 à 35% des étudiants canadiens consommeraient du Ritalin ou d'autres substances stimulantes dans le but d'améliorer leurs performances scolaires. Or, ce faisant, ils mettent leur vie en danger, estiment des chercheurs. Dans un éditorial publié aujourd'hui dans le Journal de l'Association médicale canadienne, ces chercheurs pressent les universités d'adopter des méthodes d'intervention beaucoup plus sévères.

«Les universités et les collèges doivent faire plus pour protéger nos jeunes adultes des dangers de la consommation de stimulants illicites et pour les éduquer à ce sujet [...]. Si on n'intervient pas, certains de nos jeunes les plus brillants sont à risque», écrit l'équipe éditoriale.

Un nombre croissant d'étudiants utilisent des stimulants comme le Ritalin et l'Adderall, normalement destinés à atténuer les problèmes de déficit d'attention et d'hyperactivité.

«Il n'y a pas encore beaucoup de documentation sur le sujet. Mais il y a un problème sur nos campus», note le chercheur Paul Hébert, l'un des auteurs de l'éditorial.

Fait intéressant, une étude a démontré que les stimulants ne permettent pas réellement d'améliorer la concentration et la performance scolaire. «Pour les tâches simples et répétitives, les stimulants peuvent aider à court terme. Mais pour des tâches plus complexes, ils n'aident pas du tout. On devrait en informer les jeunes», résume le Dr Hébert.

Conséquences graves

La consommation de stimulants peut avoir de sérieuses conséquences - hypertension grave, arythmie, dépendance, dépression, voire la mort. Et si ces produits sont absorbés par inhalation ou injection, les effets indésirables surviennent à une plus grande fréquence.

Selon les chercheurs, les universités et les collèges sont au «degré zéro» en ce qui concerne la prévention de la consommation de ces produits. «Il y a des programmes de prévention pour l'alcool et la drogue, mais rien pour les stimulants», note le Dr Hébert.

Un peu comme les campagnes antitabac l'ont fait, les chercheurs croient que les universités devraient lancer des campagnes d'information sur les dangers des stimulants. «Mais surtout, si les universités ne tentent pas de savoir s'il y a réellement un problème de consommation dans leur campus, elles ne pourront jamais agir. Il faut aller voir», croit le Dr Hébert.

Les universités devraient aussi tenter de trouver les causes de la consommation croissante de ces produits: «Il est possible que la compétition malsaine joue un rôle», écrivent les auteurs.

Selon les chercheurs, il est urgent d'agir, car un jour, une université pourrait bien être tenue responsable des conséquences de la consommation de stimulants entre ses murs. Les professionnels de la santé devraient aussi participer à une campagne de sensibilisation massive. Notamment, les médecins qui prescrivent du Ritalin devraient avertir leurs jeunes patients de ne pas vendre ou donner leur médicament.

À la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), on dit que l'enjeu de la consommation de stimulants par les étudiants n'a pas encore été discuté et qu'aucun commentaire ne sera émis. Le ministère de l'Éducation «ne dispose pas de données sur ce phénomène et chaque établissement universitaire est autonome dans le soutien qu'il offre à ses étudiants», affirme le responsable des communications, Pierre Noël.

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