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Place Bell: Vaillancourt ne voulait plus être surveillé par Infrastructure Québec

Selon nos sources, Gilles Vaillancourt avait des réticences,... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Selon nos sources, Gilles Vaillancourt avait des réticences, de la «résistance» même, devant les «contraintes» qui lui avaient été imposées par le gouvernement libéral en contrepartie du financement gouvernemental.

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L'été dernier, l'ex-maire Gilles Vaillancourt a écrit personnellement à Jean Charest pour lui demander de soustraire son projet d'amphithéâtre à la surveillance d'Infrastructure Québec et de ses exigences légales, même s'il avait obtenu 46,3 millions de fonds publics, a appris La Presse. Une subvention loin d'être versée, par ailleurs.

Gilles Vaillancourt a fait cette requête particulière peu avant le déclenchement des élections. Selon nos sources, il avait des réticences, de la «résistance» même, devant les «contraintes» qui lui avaient été imposées par le gouvernement libéral en contrepartie du financement gouvernemental.

Il aurait reçu un non catégorique de la part de la présidente du Conseil du Trésor de l'époque, Michelle Courchesne. Elle tenait, semble-t-il, à ce que le projet soit au contraire, comme à Québec, encadré pendant toute la durée du processus par Infrastructure Québec. Avec ultimement, à l'issue d'un parcours à obstacles, l'accord du Conseil des ministres avant le déblocage des fonds.

Luc Meunier, PDG d'Insfrastructure Québec, confirme en entrevue à La Presse qu'on a appliqué à Laval la «même recette que pour l'amphithéâtre de Québec», c'est-à-dire qu'on a en quelque sorte forcé une «association» avec son organisme gouvernemental. «Il y a eu une décision particulière du Conseil des ministres le 28 mars dernier, qui a exigé que ce projet soit contraint à différents paramètres de notre politique-cadre [sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure]». La loi ne le prévoit pas de façon automatique pour ce genre de projet du domaine municipal.

«Le projet est entre les mains de Laval, mais il doit respecter nos conditions», résume Luc Meunier.

Parcours à obstacles

Ainsi, sur le papier, et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le versement de la subvention annoncée en 2009 est loin d'être acquis. La Ville de Laval devra au préalable franchir plusieurs étapes. On ne serait même qu'au début du processus. Le dossier d'affaires définitif n'a même pas encore été remis par la Ville à Infrastructure Québec. Le document devra comprendre entre autres un échéancier, les plans et devis détaillés ainsi que le plan de gestion du projet, dont son financement. Les demandes particulières du gestionnaire, evenko, qui font couler beaucoup d'encre depuis plusieurs jours en raison de l'explosion des coûts totaux du projet et de l'imbroglio sur la contribution des parties dans le financement, seront aussi analysées attentivement. Tout comme la hausse de la contribution financière des citoyens de Laval qui, selon des données révélées récemment par La Presse, a bondi de 42 à 76 millions de dollars. Ce que le gouvernement et la Ville savaient depuis au moins février dernier.

Une fois déposé, dans les prochains mois, le dossier d'affaires de la future Place Bell devra être analysé et validé, puis Infrastructure Québec fera une recommandation. Le dossier sera ensuite acheminé au ministre des Affaires municipales puis entériné par le Conseil des ministres, si toutes les conditions sont remplies.

En parallèle, la Ville devra lancer son appel de candidatures qui permettra de sélectionner les firmes aptes à participer à l'appel d'offres ultérieur pour la conception et la construction de l'édifice. Ce n'est qu'au moment où l'on ouvrira les enveloppes à l'issue de l'appel d'offres, quelques mois plus tard, que l'on devrait connaître le coût définitif de la future Place Bell.

Or, la récente intervention du ministre des Affaires municipales dans le dossier, à la suite de la révélation de La Presse sur les dépassements de coûts anticipés et la façon dont ce projet est piloté par la Ville de Laval par l'entremise d'un organisme à but non lucratif, crée une nouvelle menace sur le projet. Deux vérificateurs spéciaux viennent d'être dépêchés à Laval pour éplucher le dossier. Ceux-ci se sont déjà entretenus avec le ministre Sylvain Gaudreault. L'attaché de presse Yann Langlais-Plante précise que le ministre «s'attend à recevoir un rapport de vérification dans le dossier de la Place Bell dans les prochains jours. Il en prendra connaissance promptement et agira avec transparence dans le meilleur intérêt des contribuables québécois et lavallois».

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