Immigration: agissement illégal de Jason Kenney?

Johanna Martinez et ses deux filles.... (Photo André Pichette, La Presse)

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Johanna Martinez et ses deux filles.

Photo André Pichette, La Presse

Hugo Meunier
La Presse

Le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, a dévoilé mardi des informations personnelles concernant une femme dont la demande d'asile a été rejetée et qui doit bientôt être expulsée du Canada. Ce geste inusité avait pour but de dénoncer un reportage de La Presse, à qui il reproche de manquer de transparence.

Du jamais vu, selon Dan Bohbot, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration (AQAADI), qui dénonce cette décision du ministre.

Coiffé du titre «Le Cabinet du ministre Kenney publie une déclaration au sujet d'un article dans La Presse», le communiqué adressé à tous les médias du pays constitue une réponse à l'article publié dans notre numéro de lundi.

Au bas du communiqué se trouve un lien vers une décision de la Section de la protection des réfugiés (SPR) concernant le dossier de cette mère de famille de 37 ans, Johanna Martinez.

«Depuis 20 ans que je défends des demandes d'asile, je n'ai jamais vu ça. C'est non seulement inhabituel, mais c'est illégal», croit Dan Bohbot.

«Le ministre n'est pas au-dessus des lois. Il ne peut divulguer des documents privés. Il contrevient à la Loi sur l'immigration et met la vie des personnes en danger», ajoute le juriste.

De son côté, la directrice des communications de M. Kenney, Ana Curic, a maintenu dans un échange de courriels avec La Presse que la décision de la SPR jointe au bas du communiqué est publique.

Dans son communiqué, Jason Kenney estime que l'article de La Presse ne présente «qu'une version des faits» en relatant l'histoire de Mme Martinez.

Selon lui, Mme Martinez, une mère de quatre enfants qui doit quitter le Canada avec ses deux filles aînées, a un «dossier public de longue date devant les tribunaux criminels et civils, au Canada comme aux États-Unis».

Mme Martinez a en effet des causes pendantes aux États-Unis pour des petits vols, a confirmé son avocate, Marie-Hélène Giroux.

La Presse a d'ailleurs mentionné lundi qu'un mandat d'arrêt avait été lancé contre elle.

Son mari, Fernando Suarez-Garcia, a quant à lui bel et bien été condamné pour vol, comme le rapportait aussi La Presse. Mais contrairement à ce qu'a affirmé Ottawa, il n'a pas été reconnu coupable d'appartenance à une organisation criminelle, a soutenu son avocate.

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