Sondage Ipsos - La Presse: la CAQ grimpe, le PQ stagne

Jean-François Lisée, chef du PQ... (Photo Olivier Jean, archives La Presse)

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Jean-François Lisée, chef du PQ

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Les renforts évoqués pour le Parti québécois ne suffisent pas à freiner l'élan de la Coalition avenir Québec, propulsée en « territoire majoritaire » par la forte volonté de changement des électeurs, révèle une enquête Ipsos réalisée pour La Presse. Analyse.

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François Legault, chef de la CAQ

Photo Alain Roberge, archives La Presse

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Pierre Karl Péladeau

Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse

CAQ « MAJORITAIRE »

Par rapport à la précédente enquête d'Ipsos, à la mi-octobre, la CAQ a gagné six points, passant de 28 à 34 % des intentions de vote. Les libéraux perdent deux points, à 30 %, et le PQ marque le pas au troisième rang, à 23 %. Québec solidaire encaisse une dégelée, passant de 12 à 8 %. « À l'automne, on disait que les astres s'alignaient pour la CAQ, cela s'est produit. Le parti de François Legault paraît en bonne position pour les prochains mois, reste à voir si cette avance augmentera ou se rétrécira », observe Sébastien Dallaire, vice-président aux affaires publiques d'Ipsos. Avec un tel résultat, « la CAQ est en territoire majoritaire », précise-t-il. Chez les francophones, la CAQ atteint 40 % d'appui, contre 29 % au PQ et 18 % pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Il y a deux semaines, Léger voyait la CAQ à 39 %, le PLQ à 28 % et le PQ à 20 % - les écarts avec Ipsos étaient déjà comparables en octobre dernier.

PÉLADEAU OU LISÉE ?

Le magnat de la presse Pierre Karl Péladeau a provoqué une secousse il y a deux semaines en soutenant qu'il s'estimait « en réserve de la République » quand il a été interrogé sur un possible retour en politique. Pour l'ensemble des électeurs, ce retour comme chef ne changerait rien. En fait, 33 % des électeurs estiment que Jean-François Lisée est un meilleur chef pour le PQ, contre 31 % qui préfèrent M. Péladeau ; 36 % n'ont pas d'opinion. « Pour les électeurs en général, c'est la quasi-égalité », note le sondeur d'Ipsos. Chez les votants péquistes, « ça brasse un peu plus », Péladeau paraît plus apte à consolider le vote : 46 % le préfèrent à M. Lisée, qui a la faveur de 36 % de ces électeurs. Déjà en octobre, les électeurs péquistes étaient les plus disposés à changer de chef, note le sondeur.

PÉLADEAU ET AUSSANT, EFFET MITIGÉ

Ipsos a aussi testé l'impact de l'arrivée de MM. Péladeau et Aussant comme candidats péquistes, de même que la promotion de Véronique Hivon comme « vice-cheffe » du Parti québécois. Quand on propose Pierre Karl Péladeau comme candidat, 12 % des répondants estiment qu'ils seraient plus portés à voter pour le PQ, mais 13 % en seraient dissuadés. Pour 63 % des répondants, rien ne change. En ce qui concerne Jean-Martin Aussant, 10 % des gens seraient attirés et 8 % auraient moins d'intérêt pour le PQ. Ici, c'est 66 % des électeurs qui sont indifférents. « On ne peut parler de sauveurs, cela consolide l'appui au sein du Parti québécois, mais cela n'a guère d'impact sur l'ensemble des électeurs », observe M. Dallaire.

EFFET HIVON ? 

Le gain est plus net avec la promotion de Véronique Hivon : 12 % des électeurs se disent plus tentés de voter PQ et seulement 7 % reculent devant cette stratégie. Encore là, 70 % des gens n'y prêtent aucun impact. Cette promotion peut avoir un effet à plus long terme, la perception est plutôt positive, observe le sondeur. La promotion de Mme Hivon consolide le vote des électeurs péquistes : 30 % d'entre eux se disent plus déterminés dans leur choix. Péladeau galvanise aussi ceux qui déjà ont opté pour le PQ : 31 % y voient une confirmation de leur choix. M. Aussant renforce l'opinion de 16 % des péquistes. La montée en grade de Mme Hivon est un incitatif pour 29 % des électeurs de Québec solidaire (QS). Aussant, quant à lui, intéresse 36 % des voteurs de QS.

DÉSIR DE CHANGEMENT

Il y a une volonté claire de changement, et c'est la CAQ qui en profite. « Ce désir de changement est présent au Québec depuis quelques élections. Les électeurs veulent passer à autre chose. » Ainsi, 61 % des répondants estiment « qu'il est temps de changer de gouvernement » et seulement 25 % croient qu'il vaut mieux garder les mêmes décideurs. De plus, 94 % des électeurs caquistes appuient le changement ; c'est 80 % chez les péquistes et 73 % chez les solidaires. « C'est la CAQ qui fait le plein de ceux qui veulent du changement. Cette volonté est plus importante actuellement que le contenu précis des plateformes électorales », observe le sondeur.

DOMINATION CAQUISTE À QUÉBEC

La CAQ domine dans la région de Québec, avec 49 % des intentions de vote. Elle est aussi au premier rang dans les régions, avec 39 % d'appuis. En région, le PQ décroche 27 % et le PLQ récolte 22 %. QS ferme la marche, loin derrière, avec 8 %. Dans la couronne de Montréal, le parti de François Legault est aussi en avance, à 36 %, contre le PQ et le PLQ au coude à coude à 26 %. QS est réduit à 4 % hors de l'île de Montréal. À Québec, le PLQ décroche 21 % d'appuis et le PQ, 16 %. Dans l'île de Montréal, le PLQ domine à 49 %, et la CAQ a rejoint le PQ à 17 %, contre 16 % pour le parti de Lisée. QS suit à 12 %.

UN VOTE CAQUISTE QUI SORTIRAIT PLUS

La Coalition avenir Québec est plus forte chez les hommes - 39 % contre 28 % chez les femmes. Le PQ est un peu plus fort chez les électrices que chez les hommes, un avantage de cinq points. La CAQ a aussi un avantage chez les électeurs plus âgés - 38 % chez les 55 ans et plus et 34 % pour les 35 à 54 ans. Cela tombe à 24 % chez les 18 à 34 ans. « Ces écarts sont favorables à la CAQ parce que ce sont des groupes qui ont davantage tendance à aller voter le jour du scrutin », souligne M. Dallaire.

***

MÉTHODOLOGIE

Ipsos a mené son enquête du 2 au 4 février, auprès d'un total de 1297 répondants. Par téléphone, 500 personnes ont été interviewées, et 797 internautes ont répondu au questionnaire. Aussi, 40 % des entrevues téléphoniques ont joint des répondants sur leur cellulaire. Les résultats sont pondérés en fonction de l'âge, du sexe, de la région, du niveau d'éducation et de la langue pour refléter l'ensemble de la population selon Statistique Canada. Les deux formes de collecte réduisent les risques de biais, une méthode développée par Ipsos au Canada et pour plus de 450 élections à travers le monde. La marge d'erreur est de 4,4 %, 19 fois sur 20, pour les entrevues téléphoniques, et de 4 % pour la portion en ligne.




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