Philippe Couillard rassuré par la SQ sur Jean-Marc Fournier

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Le premier ministre Philippe Couillard (à droite) et son leader parlementaire Jean-Marc Fournier.

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(Québec) La Sûreté du Québec a confirmé à Philippe Couillard que l'habilitation de sécurité permettant à Jean-Marc Fournier de siéger au conseil des ministres est maintenue. Pour le premier ministre, c'est la preuve que rien n'a été trouvé jusqu'ici pour corroborer les allégations d'Yves Francoeur, président du syndicat des policiers de Montréal.

Philippe Couillard a réitéré sa confiance en son ministre et leader parlementaire lors d'une mêlée de presse avant une réunion de son caucus mardi, au premier jour de la session parlementaire.

«Quand j'ai vu que ces questions allaient être soulevées, sachant que je vous rencontrais ce matin, j'ai demandé, et c'est le seul contact que mon cabinet a avec la Sûreté du Québec, qu'on me dise s'il y avait une mise à jour de l'habilitation de sécurité de M. Fournier. Absolument pas. M. Fournier n'a aucun changement dans son habilitation de sécurité et son habileté de siéger au conseil des ministres», a-t-il affirmé.

Est-ce que le corps policier lui a signifié que, jusqu'ici, il n'y avait rien dans les allégations de M. Francoeur qui soient véridiques? «Quand on dit que l'habilitation de sécurité ne change pas, c'est ce que ça veut dire», a répondu le premier ministre.

«Il n'y a rien sur moi», a déclaré de son côté M. Fournier, tout de suite après la sortie de M. Couillard. «Normalement, les habilitations, c'est pour s'assurer que les personnes qui sont là n'ont pas de problématique. Et donc, j'en conclus que je n'ai pas de problématique. (...) Les allégations qu'il (M. Francoeur) fait à mon égard, si elles étaient vraies, n'auraient certainement pas permis que mon habilité soit maintenue.»

Pour Philippe Couillard, il va de soi que, dans une société de droit, des «allégations sérieuses d'interférence ou d'obstruction du travail de la justice» soient scrutées. Mais faire des allégations «en se trompant d'une fois à l'autre» qui «endommagent la réputation de quelqu'un, ça aussi c'est grave dans une démocratie et une société de droit».    

Il dit avoir «énormément confiance en M. Fournier, particulièrement son expérience et son jugement politique.»

Des députés libéraux ont laissé entendre que le gouvernement faisait face à une entreprise de déstabilisation médiatique. «Quand on commence ce genre de discussion avec vous les médias, on en sort rarement gagnant. C'est clair que, par contre, on est un gouvernement qui réussit, le Québec réussit, le Québec va mieux tout le monde le dit, c'est certain qu'il y a du monde qui n'aime pas ça», a-t-il soutenu.

Prenant la défense de Jean-Marc Fournier, la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, a fait des reproches au Journal de Montréal sans le nommer. «Je pense que c'est terrible d'écrire des articles qui sont faux», a affirmé cette ex-journaliste en référence au texte portant sur la déclaration sous serment faite par M. Francoeur. «Je respecte beaucoup la liberté de presse, je pense qu'il faut que les faits soient bien vérifiés, que les faits soient bien analysés, et, pour le moment, ça manque.»

Pour le député Raymond Bernier, Jean-Marc Fournier, «un homme extraordinaire», est victime de «salissage». Que faire alors avec ces allégations? «Que faire... Je ne sais plus quoi répondre sur ça... Parce que ça vient de tous bords tous côtés sur toute sortes de choses. C'est incroyable. On est au Québec, on se veut une société démocratique qui respecte les gens», a-t-il lâché.

Pour Robert Poëti, un ancien policier, Yves Francoeur devrait «à tout le moins» faire une sortie publique «pour s'expliquer». Il s'étonne de l'erreur sur la personne entre MM Bachand et Béchard, alors que l'on «s'attaque à la réputation des personnes». «C'est décevant de pouvoir dire des choses basées sur des sources qu'on ne connaît pas», a-t-il dit.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, réclame que M. Fournier se retire du conseil des ministres. Selon lui, les membres du cabinet sont astreints à des exigences éthiques plus sévères que les simples députés.

«La présomption d'innocence existe, c'est pourquoi on ne demande pas la démission, a dit M. Lisée. On demande la suspension, le temps que l'enquête se termine.»

Le chef caquiste, François Legault, ne demande pas pour l'instant le retrait de Jean-Marc Fournier du conseil des ministres, ni sa démission. 

«Le premier ministre du Québec doit faire preuve de leadership. S'il a les moindres doutes sur la véracité des allégations [d'Yves Francoeur], il doit agir. S'il est convaincu du contraire, on ne peut pas commencer à démettre des gens sur de fausses prétentions», a-t-il dit. 

Du côté de Québec solidaire, on réclame à nouveau la démission de M. Fournier.

«M. Fournier, selon nous, (...) n'a pas la légitimité d'être là parce qu'il est trop près [de l'ère Charest]. (...) Le gouvernement libéral doit être beaucoup plus clair et beaucoup plus ferme pour se distancer de tout ce qui a grenouillé dans le temps de M. Charest», a dit la co-porte-parole Manon Massé. 

- Avec la collaboration de Martin Croteau et Hugo Pilon-Larose




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