Consultation sur le racisme systémique: Khadir exige plus de transparence

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Le député de Québec solidaire, Amir Khadir

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC

La consultation publique prévue en septembre sur le racisme systémique au Québec tarde à se mettre en branle.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, l'organisme qui doit mener à terme cette consultation, refuse toujours de dévoiler le moindre détail.

Jointe par La Presse canadienne mercredi, la porte-parole de la commission, Meissoon Azzaria, s'est limitée à dire qu'une annonce sera faite bientôt.

C'est que les Québécois commencent à perdre confiance en la commission, a déploré, mercredi, le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

M. Khadir se réjouit qu'on veuille enfin creuser la question de la discrimination systémique et du racisme au Québec. Cependant, il exige plus de transparence.

«Il est minuit moins une, M. (le premier ministre Philippe) Couillard, a déclaré M. Khadir, en point de presse à l'Assemblée nationale. La crédibilité de cette commission est sérieusement entachée.»

Annoncée en juillet, la consultation sur la discrimination systémique et le racisme aurait du mal à démarrer. Selon des informations obtenues par La Presse, la présidente de la Commission des droits de la personne, Tamara Thermitus, serait visée par trois plaintes pour abus d'autorité, mauvaise gestion et manque de respect envers le personnel.

Québec solidaire dénonce également la décision de la commission de tenir ses premières consultations locales, auprès de personnes racisées, à huis clos.

«C'est le type de sujet qui n'avait vraiment pas besoin de la controverse qui l'entoure actuellement, a renchéri M. Khadir. On doit trouver les moyens maintenant de restaurer la confiance du public dans la commission.»

«Leadership» demandé

À son avis, le premier ministre devrait commencer par «exercer un sens de leadership» et réunir tous les partis, pour «sortir la commission de la tourmente».

De Val-d'Or, où son gouvernement se réunit, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a tenu à rassurer les Québécois.

La commission, a-t-elle dit, a déjà nommé un coordonnateur. Dans les prochains jours, elle nommera les organismes communautaires qui prendront part à la consultation. «On est en action», a-t-elle lancé aux journalistes.

La ministre a aussi indiqué qu'un site web, où les Québécois de toutes origines pourront déposer un mémoire, sera probablement fonctionnel dès jeudi.

Plus tard, M. Couillard a cru bon réitérer sa confiance envers Mme Thermitus. «Avançons, avançons. Faisons le travail, mais le travail ne s'arrêtera pas là», a-t-il affirmé, en ajoutant que le «diagnostic» n'était que le point de départ et que des gestes concrets devront éventuellement être posés.

Car le racisme systémique existe bel et bien au Québec, selon lui.

«Pourquoi vous pensez que les gens veulent sur cette question témoigner à huis clos? (...) Parce qu'ils craignent d'être vus, d'être entendus; ils ont peur, c'est pour ça, a-t-il dit. On n'est pas meilleur ni pire que les autres au Québec (...), mais il faut qu'on soit capable de voir ces questions-là ensemble.»

Par ailleurs, le chef du gouvernement n'a pas convoqué de rencontre au sommet, avec les autres partis politiques, pour faire le point.

Le Parti québécois dénonce l'exercice comme étant le «procès» des Québécois, tandis que la Coalition avenir Québec a dit craindre que ça ne devienne un «dîner de cons».

M. Khadir, qui prône une approche non partisane, croit que la commission devrait d'abord regarder les nominations gouvernementales.

D'après lui, les candidats aux noms franco-québécois ont systématiquement plus de chances de se faire nommer dans la fonction publique que ceux issus d'un groupe minoritaire.

«Ce que je crains, c'est que ça n'ait pas la crédibilité, que ça ne suscite pas l'adhésion de l'opinion publique à la fin du travail», a-t-il dit, en soutenant que l'enjeu est pourtant de taille.




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