Jean-François Lisée ouvert à ramener Gaétan Lelièvre au PQ

Le député Gaétan Lelièvre a été chassé du caucus... (Photothèque Le Soleil)

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Le député Gaétan Lelièvre a été chassé du caucus péquiste en mai dernier à la suite de révélations sur des gestes qu'il avait posés au moment où il était directeur général de la Ville de Gaspé.

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(Saint-Eustache) Jean-François Lisée s'est entretenu avec le député Gaétan Lelièvre sur sa possible réintégration au sein du caucus du Parti québécois. Le chef est ouvert à son retour.

M. Lelièvre a été chassé du caucus péquiste en mai dernier à la suite de révélations sur des gestes qu'il avait posés au moment où il était directeur général de la Ville de Gaspé. Il avait accepté des cadeaux de la firme Roche, en 2008 et 2009.

Mercredi, questionné pour savoir s'il était prêt à ramener le député indépendant au sein de son caucus, M. Lisée a répondu qu'il a «discuté avec Gaétan de la possibilité d'une réintégration». «C'est une discussion que le caucus devra avoir», a-t-il précisé alors que ses députés sont justement réunis à Saint-Eustache pour préparer la rentrée parlementaire.

Le chef péquiste a fait valoir des arguments qui militent pour un retour de M. Lelièvre au sein du giron péquiste.

«Il s'est excusé auprès des électeurs et du Parti québécois. C'est quelque chose qu'on a rarement vu de la part d'un député qui est en difficulté et qui a mis sa formation en difficulté», a-t-il plaidé.

«Et j'ai dit que la suspension allait durer un certain temps et qu'on serait très attentif à deux choses. Y a-t-il de nouvelles informations de caractère politique ou éthique qui viendraient alimenter la discussion? Il n'y en a pas eues. Est-ce que l'UPAC et le Commissaire à l'éthique avec les informations diffusées ont décidé d'ouvrir une enquête? Ils ne l'ont pas fait.»

Il a ajouté que le député «a réussi dans son comté à établir, à travers cette épreuve, une très grande complicité». Il dit avoir lui-même constaté en Gaspésie «l'estime que les gens ont pour» Gaétan Lelièvre, qui «est tout à fait justifiée» à ses yeux.

Il ne croit pas que le PQ prêterait flanc aux critiques avec une réintégration du député. «Les gens jugeront de l'idée qu'on se fait de la justice lorsque quelqu'un a reconnu ses torts et a eu une sanction, et le moment où ca se termine», a-t-il affirmé. Il a souligné que les faits reprochés sont survenus avant que M. Lelièvre ne devienne député du PQ.

En mai, le Journal de Québec a révélé des courriels datant de 2008 et 2009 et démontrant que Gaétan Lelièvre a demandé et reçu des avantages de la firme Roche au moment où il était directeur général de la Ville de Gaspé. Il s'agit notamment de billets au Centre Bell et de l'utilisation d'un condo appartenant à un ingénieur de cette firme. Ce dernier, Martin Lapointe, disait dans un courriel à un dirigeant de Roche que de telles faveurs étaient susceptibles d'aider la société à obtenir des contrats auprès de la municipalité.

La Commission Charbonneau s'était penchée sur le cas de la Ville de Gaspé afin d'illustrer que les cadeaux offerts aux élus ou dirigeants municipaux sont considérés comme des «outils de développement» par des firmes de génie. Des emplois sont offerts aux membres de leur famille, par exemple. «Un courriel interne de chez Roche, daté de mars 2009, illustre ce propos», indique le rapport final de la commission Charbonneau. On peut y lire que le fait d'embaucher sur un chantier le fils du directeur général de Gaspé, Gaétan Lelièvre, sera payant «à court terme comme à long terme». L'auteur du courriel précise en effet que «ça sera comme donner ça à Gaétan... mais indirectement».

Dans une déclaration soumise à la Commission Charbonneau en 2015, M. Lelièvre soutenait qu'il n'avait pas reçu de faveurs de Roche en échange de contrats. Le député n'a fait l'objet d'aucune accusation.

Il en va autrement pour l'ancien maire de Gaspé (de 2005 à 2013), François Roussy, qui a été attaché politique de M. Lelièvre en 2014. Il fait partie des sept personnes  - avec Nathalie Normandeau et d'anciens dirigeants de Roche dont Marc-Yvan Côté - qui ont été arrêtées et accusées en 2016 dans une affaire de fraude, de complot, de corruption et d'abus de confiance. Les faits reprochés se seraient déroulés entre 2000 et 2012. Lors de son point de presse, M. Lisée a relevé que les faits reprochés à M. Lelièvre «ne sont pas du tout de l'ordre» de ces accusations.

Élu pour la première fois dans Gaspé en 2012, M. Lelièvre a été ministre délégué aux Régions sous le gouvernement Marois, de septembre 2012 à avril 2014.




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