La politique au Québec est encore un «jeu d'hommes», dénonce Christine St-Pierre

La ministre des Affaires internationales Christine St-Pierre.... (Dominique Gobeil, archives Le Quotidien)

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La ministre des Affaires internationales Christine St-Pierre.

Dominique Gobeil, archives Le Quotidien

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

«L'arène politique», «l'oeil pour oeil, dent pour dent», la «joute partisane», le «combat» sont des termes à proscrire si l'on veut attirer plus de femmes en politique, ont clamé d'une seule voix plusieurs élues à l'Assemblée nationale, mercredi.

Elles se sont prononcées sur le sujet au lendemain du discours de l'ancien président américain Barack Obama dans la métropole, au cours duquel il a demandé aux femmes de s'impliquer et de ne pas se laisser décourager par le résultat d'une seule élection, faisant référence à la défaite de Hillary Clinton.

Plus facile à dire qu'à faire, a réagi la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui se désole que la politique soit encore un «jeu d'hommes».

Seulement environ 28 % des députés à l'Assemblée nationale sont des femmes.

«C'est agressif la politique, c'est agressant, a-t-elle soutenu. Les règles ont été écrites par des hommes, alors il faut nous, comme femmes, réécrire ces règles-là, et si on est plusieurs en politique, on va y arriver, mais si on n'est pas assez nombreuses, on n'y arrivera pas.»

Réécrire les règles, ça veut dire exiger de passer plus de temps en famille, et changer de langage (être moins en «mode combat»), a-t-elle dit.

Mme St-Pierre a ajouté qu'il incombait aux politiciennes comme elle de communiquer et transmettre leur passion aux jeunes. «C'est faisable, a-t-elle dit. (Il faut leur dire:) «Vous allez trouver ça dur parfois, mais les peines sont inversement proportionnelles aux joies'».

«C'est en faisant des initiatives moins partisanes, c'est aussi en essayant d'intéresser les journalistes à des dossiers qui ne sont pas toujours du sang ou un coup qu'on va donner à l'adversaire, mais plus des questions de fond», a plus tard renchéri la députée péquiste Véronique Hivon.

Fraîchement élu député solidaire de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois a enjoint les partis à passer rapidement de la parole aux actes.

Québec solidaire, a-t-il dit, présente toujours au moins 50 % de candidatures féminines, «ça fait partie de notre culture».

«Ça prend un effort pour réaliser la parité, ça ne se fait pas par magie (...) Ce n'est pas seulement de présenter 125 candidatures, dont plein de femmes, dans des circonscriptions où on sait qu'on n'a pas beaucoup de chance; il faut une parité également dans les circonscriptions gagnantes», a-t-il affirmé.

Tous les partis représentés à l'Assemblée nationale ont annoncé, mercredi, qu'ils visent la parité au prochain scrutin en 2018.

La Coalition avenir Québec en fait actuellement une «obsession», selon le porte-parole Samuel Poulin.

Le premier ministre Philippe Couillard a parlé d'une «zone de parité», c'est-à-dire entre 40 et 60 % de candidatures libérales féminines. Il ne s'est toutefois pas engagé à désigner des candidatures ou à imposer des quotas.

Un groupe d'ex-politiciennes avait proposé en mars dernier que l'Assemblée nationale adopte une loi pour forcer chaque formation à présenter un minimum de 40 % de candidates aux élections générales.

En 2007, le Directeur général des élections avait avancé l'idée de récompenser financièrement les partis qui misent sur plus de candidatures féminines.




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