Québec consacre 100 millions sur cinq ans pour sa politique étrangère

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Philippe Couillard

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Caroline Plante
La Presse Canadienne

Québec s'est doté d'un budget de 100 millions sur cinq ans pour soutenir son action à l'étranger et mettre en place sa nouvelle politique internationale, la première depuis 2006.

Cette fois-ci, ce sont les enjeux d'environnement et de droits de la personne qui prennent beaucoup de place dans le plan d'action.

À ce chapitre, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé en conférence de presse mardi, à Québec, qu'il allait mettre l'accent sur deux questions «fondamentales» pour les Québécois: l'égalité entre les hommes et les femmes, et les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT).

«Je crois qu'au Québec il y a un très large consensus sur ces deux questions-là et la projection du Québec sur la scène internationale doit s'accompagner de la représentation de ces valeurs-là», a dit le premier ministre.

La promotion des droits et libertés de la personne sera intensifiée, ainsi que les liens avec les acteurs de la région nordique et arctique, dont la Russie, a-t-il dit.

La lutte contre les changements climatiques est au centre de la nouvelle politique étrangère du Québec, dans un contexte où certains grands pays, notamment les États-Unis, semblent avoir mis de côté cet enjeu.

M. Couillard avait reçu des fleurs de l'ancien vice-président des États-Unis, Al Gore, en 2015, pour son leadership «fantastique» sur les questions environnementales.

Le Québec avait alors annoncé qu'il comptait, d'ici 2030, réduire de 37,5 % les émissions de GES par rapport au niveau de 1990, soit 0,5 % de plus que l'Ontario. Il s'était aussi lancé dans la tarification du carbone.

«C'est l'occasion pour nous de réaffirmer l'importance de ce thème-là, a déclaré M. Couillard. On a constaté à même la préparation de l'Accord de Paris que le Québec avait une voix originale, efficace et écoutée sur cette question dans le monde, et on a voulu l'ajouter à la palette de nos actions.»

La politique internationale 2017-2027 établit trois grandes orientations qui guideront l'action internationale du gouvernement: rendre les Québécois plus prospères, contribuer à un monde plus durable, juste et sécuritaire, et promouvoir la créativité, la culture, le savoir et la spécificité du Québec.

Des sommes seront investies pour «bonifier» les équipes à l'étranger, créer des postes d'émissaires thématiques, ouvrir de nouvelles représentations et transformer des «bureaux» en «délégations».

Le Québec, qui compte déjà plusieurs représentants en Europe, en Asie, au Mexique et aux États-Unis, ouvrira un bureau à Cuba et accentuera sa présence en sol américain avec l'ouverture d'un neuvième bureau, à Philadelphie.

Philadelphie est le quatrième partenaire commercial en importance du Québec aux États-Unis.

L'arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis n'a pas «teinté» la politique internationale du Québec, a maintenu M. Couillard, mais face à la tendance protectionniste, le Québec réaffirmera son engagement en faveur des partenariats économiques qui stimulent la prospérité. Douze mille entreprises québécoises font des affaires avec les États-Unis sur une base régulière.

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a fait valoir mardi que le Québec sera «très actif» lors des discussions sur la renégociation de l'ALÉNA.

En 2006, le gouvernement libéral de Jean Charest avait présenté une politique qui visait notamment à accroître l'influence du Québec dans les organisations internationales et à renforcer les liens économiques de la province avec les autres pays.

Aujourd'hui, face à un monde «en mutation, plus fragmenté et incertain», bouleversé par de multiples attentats terroristes, le Québec entend aussi «renforcer les mécanismes de coopération» afin de prévenir la radicalisation menant à la violence et à la cybercriminalité.

Le ministère des Relations internationales a été touché par de nombreuses compressions ces dernières années.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a insisté sur les «dégâts» causés par le gouvernement Couillard. «Qu'ils essaient aujourd'hui de réparer leurs dégâts, tant mieux, mais il ne fallait pas les causer», a-t-il dit, rappelant que les libéraux avaient déjà songé à abolir le ministère des Relations internationales.

Le lancement de la nouvelle politique internationale et l'argent neuf coïncident avec le 50e anniversaire du ministère, qui a été créé en 1967.




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