Hausses de salaire: Québec invite Bombardier à «réfléchir à revoir sa décision»

Jean-Marc Fournier a pratiquement été chassé d'une manifestation... (Photo Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

Jean-Marc Fournier a pratiquement été chassé d'une manifestation tenue par des citoyens devant le siège social de Bombardier pour protester contre l'octroi d'une bonification de 50 % de la rémunération à ses six plus hauts dirigeants.

Photo Robert Skinner, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pendant que des centaines de citoyens manifestaient ce midi contre les bonis des dirigeants de Bombardier et que les partis d'opposition continuent de s'indigner, le gouvernement du Québec demande à l'entreprise de «réfléchir à revoir sa décision».

«La voix des Québécois est claire et le gouvernement entend cette voix. Bombardier doit écouter cette voix», dit le ministre Jean-Marc Fournier en entrevue téléphonique avec La Presse.

Ce dernier a pratiquement été chassé d'une manifestation tenue par des citoyens devant le siège social de la multinationale pour protester contre l'octroi d'une bonification de 50 % de la rémunération à ses six plus hauts dirigeants. Le ministre s'est présenté à l'événement, nous a-t-il expliqué, pour exposer aux médias la position du gouvernement sur la question.

Lorsque les manifestants ont remarqué sa présence, il a été chahuté. Son équipe de sécurité l'a rapidement escorté jusqu'à sa voiture, qui est partie en trombe.

Il a accepté de nous accorder une entrevue téléphonique, quelques minutes plus tard, dans laquelle il a expliqué que le gouvernement demande aux dirigeants de Bombardier de «réfléchir à revoir leur décision».

Une demande qui va moins loin que celle du Parti québécois, qui déposera cette semaine une motion exigeant que tous les dirigeants de l'entreprise à renoncent à l'augmentation de leur rémunération pour 2016.

«Chaque personne qui est ici donne en moyenne 700 $ à Bombardier», a noté le porte-parole du Parti québécois en matière d'économie, Alain Therrien, qui était présent à la manifestation. «Pour remercier la population, les dirigeants se donnent 48 % d'augmentation de salaire alors qu'ils ne sont même pas sur le chemin de la rentabilité. Ça, c'est un manque profond de respect.»

«Tous les Québécois sont maintenant des partenaires d'affaires, des associés de cette compagnie-là. Et en tant que partenaires d'affaire, on ne peut pas accepter qu'il y ait des hausses comme ça», ajoute Éric Lefebvre de la Coalition avenir Québec.

Même son de cloche du côté de Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, qui s'est adressée à la petite foule en lançant cette phrase : « Ça tu pas de bon sens ! Ils nous prennent pour qui ? On en a marre de se faire prendre pour des nonos.»

Rappelons que le gouvernement du Québec a injecté 1 milliard US dans la C Series et la Caisse de dépôt: 1,5 milliard US.

Des manifestants mécontents

Jacques Dubé a fait la route entre Saint-Jean-sur-Richelieu, ce matin, pour faire part de sa frustration. Il est actionnaire de Bombardier depuis de nombreuses années. «La hausse de salaire qu'ils se sont accordés à même l'argent que la Caisse de dépôt et le gouvernement du Québec leur ont donné, c'est notre argent. Alors j'estime que c'est totalement injustifié. C'est inconcevable.»

Yves Desrochers, un autre manifestant, estime que le Québec gère mal son argent. «Il y a des gens qui pensent qu'ils sont capables de gérer de l'argent en s'autofinançant. Comment on peut faire confiance à quelqu'un qui est responsable de la gestion d'une grosse entreprise comme Bombardier et qui s'offre à lui-même des millions de dollars ? Le gars qui met le boulon, le gars qui met le moteur dans l'avion, il est pas mal plus important que le gars qui est assis sur son cul.»




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer