Port de signes religieux: Couillard durcit sa position avec la volte-face de Charles Taylor

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Philippe Couillard lors du point de presse, ce matin.

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(Québec) Fort de l'appui inattendu du philosophe Charles Taylor, Philippe Couillard durcit sa position. Le port de la kippa ou d'un hidjab sera permis pour les policiers et policières ainsi que pour les employés du service correctionnel.

En point de presse, mardi matin, M. Couillard a indiqué que la « discrimination vestimentaire » ne saurait être acceptée, les questions de sécurité resteront à l'ordre du jour pour les organismes qui ont à édicter des règles vestimentaires pour leurs employés.

Dans une lettre publiée mardi par La Presse, M. Charles Taylor souligne qu'il n'endosse plus la recommandation faite par la commission qu'il avait coprésidée. Parce que le contexte a changé, il n'est pas utile d'interdire le port de signes religieux aux personnes en situation d'autorité, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison, souligne-t-il.

Cette recommandation aura soulevé un débat qui a nourri les gestes et les propos racistes, déplore-t-il. Ce revirement mettra dans l'embarras le chef péquiste Jean François Lisée et le ténor de la CAQ, François Legault, qui exigeaient que le gouvernement applique ces interdictions préconisées dans le rapport il y a sept ans, un minimum à leur avis.

« Il y a des risques de dérapage. De la police, on va aller aux enseignants. Si on veut donner un oeil au beurre noir international au Québec, lui donner mauvaise réputation, c'est le genre de chose qu'il ne faut pas faire. Les principes ne sont pas marchandables », de soutenir M. Couillard.

« On a toujours été opposé à la discrimination vestimentaire. Ce que dit M. Taylor est très important, c'est un des deux commissaires. Ça permet de constater que lorsqu'on a des principes il faut y tenir ! Ce n'est pas des avocasseries, ce sont des principes », de souligner M. Couillard.

Par ailleurs, il a confirmé le reportage de La Presse, voulant qu'après l'attentat de la Grande mosquée à Québec, le gouvernement ait à poser des gestes d'ouverture à l'endroit des nouveaux arrivants. « J'avais dit qu'il y aurait un avant, et un après... le Québec s'est uni pour dire oui à l'inclusion de tous les Québécois, de tous les horizons ».

Le taux de chômage pour les personnes arrivées depuis moins de cinq ans atteint 15 %. La démographie risque de causer du tort à l'économie, « dans ce contexte on ne peut se permettre de perdre un seul talent ».

« Plus que jamais, on a besoin de mettre à profit ceux qui ont choisi le Québec. On sait qu'il y a des barrières qui freinent leur accès aux emplois. Tous ensemble, on va les lever ». Le gouvernement compte accélérer l'adoption du projet de loi 98, en l'amendant, un projet de loi qui touche l'admission aux professions et les ordres professionnels.

On vise à moderniser la gouvernance des ordres professionnels, élargir et renforcer le mandat du commissaire aux plaintes qui deviendra le commissaire à l'admission aux professions, dans le but de faciliter la reconnaissance des formations.

Un amendement proposera des changements à la composition des conseils de ces ordres professionnels pour qu'ils représentent davantage la diversité de la société. On cherchera des ententes de reconnaissance mutuelle des compétences, c'est déjà le cas avec la France, mais on voudra ajouter des pays du Maghreb.

Le projet de loi 62 reviendra sur la table, pour encadrer les accommodements, et assurer le respect des chartes. Le coeur du projet reste la prestation et la réception de services publics à visage découvert.




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