De Santis corrige le tir après avoir marqué une préférence pour le mode de scrutin actuel

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La ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita De Santis, a corrigé le tir à deux reprises, jeudi, après avoir laissé entendre que le mode de scrutin actuel «sert bien» les intérêts des libéraux.

Mme De Santis s'est retrouvée sous le feu croisé des trois partis de l'opposition, qui ont réclamé une réforme afin d'introduire une représentation proportionnelle lors des élections générales.

Durant la période des questions, la ministre leur a exposé les complexités qu'un tel changement provoquerait en plaidant pour le maintien du mode uninominal à un tour.

«Les Québécois veulent un système de scrutin qui est facile à comprendre, qui va donner un gouvernement fort et stable et où les députés vont représenter leur région», a-t-elle dit.

Dans une réponse, Mme De Santis a souligné l'efficacité du mode actuel, avec des termes qui lui ont valu des moqueries de l'opposition.

«Nous sommes fiers, cette année, de célébrer les 225 ans de parlementarisme ici, au Québec, quelque chose qui devrait nous rendre très, très fiers, parce que c'est parmi les plus vieux Parlements au monde, a-t-elle dit. À date, le système que nous avons nous sert bien.»

Intervenant à nouveau, la ministre a ensuite reformulé sa réponse pour dissiper tout malentendu sur un quelconque intérêt partisan.

«Le système actuel sert les citoyens du Québec bien, et je me considère être citoyenne du Québec», a-t-elle dit.

Dans un point de presse, après la période des questions, Mme De Santis a également corrigé le tir.

«Quand j'ai dit que le mode de scrutin actuel nous a bien servis, jusqu'ici, le nous c'est le nous collectif de tous les Québécois, a-t-elle dit. Je veux dire que ça sert bien les citoyens.»

Mme De Santis a affirmé que les libéraux souffrent des distorsions du système actuel, qui les a parfois empêchés de former le gouvernement alors qu'ils avaient la pluralité des voix.

«Qui est-ce que ç'a servi le mieux? Ça n'était pas le Parti libéral du Québec», a-t-elle dit.

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont pressé les libéraux de se joindre à eux pour modifier le mode de scrutin.

La députée Manon Massé s'en est prise aux arguments de stabilité et de clarté avancés par la ministre en soulignant que l'Allemagne, la Suède et le Danemark ont des scrutins proportionnels.

«On n'est pas plus niaiseux qu'eux autres, on est capables de comprendre un mode de scrutin qui permet aux régions, aux femmes, aux gens des minorités d'être mieux représentés, qui permet à des groupes politiques comme le mien d'avoir une réelle représentation», a-t-elle dit.

Aux questions de l'opposition, Mme De Santis a répété plusieurs fois que renoncer au mode de scrutin actuel provoquerait de l'instabilité, avec la perspective d'élire un gouvernement minoritaire.

«Quand tu as un gouvernement minoritaire qui doit faire une alliance avec un parti qui est plus petit, comment on peut assez tenir ce gouvernement à son programme électoral? Ça va être beaucoup plus difficile», a-t-elle dit.

Selon la ministre, un système mixte, avec des députés qui représentent un territoire et d'autres qui sont issus de la représentation proportionnelle, serait incongru.

«Les députés qui représentent les territoires vont devoir représenter des territoires qui sont encore plus vastes que ceux qui existent aujourd'hui au Québec parce qu'ils vont être moins en nombre, a-t-elle dit. Les députés des listes, eux, ils vont être différents. Où va être leur responsabilité?»

Ces questions surviennent alors qu'un projet de nouvelle carte électorale a suscité du mécontentement, notamment de Mme Massé, dont la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques risque de disparaître.




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