Khadir et des militants entament une grève de la faim symbolique

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Selon Amir Khadir (à gauche), le gouvernement canadien doit profiter des négociations avec l'Iran sur le rétablissement des relations diplomatiques dans la foulée de l'accord sur le nucléaire pour faire pression sur la question des droits de l'homme.

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Le député Amir Khadir et une poignée de militants ont entamé vendredi soir une grève de la faim symbolique de 48 heures au centre-ville de Montréal pour dénoncer la détention illégale des prisonniers politiques en Iran. Du même souffle, le député solidaire presse le gouvernement canadien d'intervenir pour libérer l'anthropologue québécoise Homa Hoodfar, incarcérée à Téhéran depuis un mois et demi pour des motifs nébuleux.

« Mme Hoodfar enseignait ici à Concordia », rappelle Amir Khadir, en montrant du doigt un bâtiment de l'université montréalaise. « Elle est détenue de façon tout à fait injustifiée et a des problèmes de santé. Elle est exactement dans la situation qui a poussé des prisonniers politiques à faire la grève de la faim pour avoir des soins de santé », déplore le député solidaire qui s'est joint « par solidarité » aux militants du Réseau international de solidarité pour les droits de l'homme en Iran. De Vancouver à Hambourg, de nombreux militants jeûneront ainsi jusqu'à dimanche soir.

Homa Hoodfar n'est pas une « personne dangereuse », mais une « personne très douce » et une académicienne réputée, soutient la militante Elahé Machouf, bien déterminée à rester à la place Norman-Bethune jusqu'à dimanche, 18 h. « Elle voyageait dans différents pays musulmans pour faire des recherches sur comment les femmes musulmanes font face aux lois islamiques », explique-t-elle.

La professeure québécoise de 65 ans est loin d'être la seule intellectuelle, militante ou syndicaliste à être incarcérée pour des considérations politiques dans le pays de l'ayatollah Khamenei. Des centaines de détenus ont dû recourir à la grève de la faim pour des « choses banales » depuis un an seulement, dénonce Amir Khadir. Récemment, une femme s'est privée de nourriture pendant 15 jours pour pouvoir appeler ses enfants, alors qu'un syndicaliste a souffert d'une hémorragie intestinale à la suite d'une grève de la faim de 63 jours, donnent en exemple Elahé Machouf.

Selon Amir Khadir, le gouvernement canadien doit profiter des négociations avec l'Iran sur le rétablissement des relations diplomatiques dans la foulée de l'accord sur le nucléaire pour faire pression sur la question des droits de l'homme. « Je suis persuadé que M. Dion a énormément de soucis et d'intérêt pour la question des droits de l'homme. Je veux l'inviter à joindre l'action à la parole. [...] Si le Canada travaille de manière intelligente, on peut obtenir beaucoup pour les prisonniers politiques iraniens », maintient le député.

Le Canada ne doit pas sacrifier le respect des droits de l'homme sur l'autel des relations économiques, martèle Elahé Machouf. Selon Amir Khadir, les hommes d'affaires canadiens en visite à Téhéran, tels que les représentants de Bombardier, ont une responsabilité d'agir. « Ils ne doivent pas oublier que le monde dans lequel on vit et la prospérité économique sont liés à la paix », dit-il.

Le dossier de la professeure Homa Hoodfar est une « priorité » pour le gouvernement fédéral et pour le ministre Dion maintient Affaires mondiales Canada. « Nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés pour aider le Dr Hoodfar », indique le Ministère.

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