Laïcité: Lisée défend son «approche graduelle»

Jean-François Lisée, candidat à la direction du PQ.... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Jean-François Lisée, candidat à la direction du PQ.

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Contrairement à Gérard Bouchard, Jean-François Lisée est convaincu que son plan pour contrer la présence de signes religieux dans la fonction publique passerait l'épreuve des tribunaux.

En entrevue avec La Presse, mardi, le candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau a défendu son «approche graduelle» en matière de laïcité.

Le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) propose de commencer par exprimer aux fonctionnaires «la préférence de l'Assemblée nationale» pour l'absence de signes religieux dans «un signal clair», avant de laisser les organismes publics où un consensus existe les interdire carrément à l'embauche. Le tout accompagné d'un respect des droits acquis pour les employés embauchés avant l'entrée en vigueur d'une éventuelle loi Lisée.

«Est-ce que c'est compliqué? Oui. C'est plus compliqué de respecter le rythme des Québécois que d'agir avec du mur-à-mur. Mais je me fonde sur la lente marche du Québec vers plus de laïcité depuis les années 60», a-t-il dit en entrevue téléphonique. 

«C'est très progressif. Je veux continuer à ce rythme-là. On marche vers plus de laïcité, mais sans brusquer les choses», dit M. Lisée.

En entrevue avec La Presse, le réputé sociologue Gérard Bouchard avait encensé le programme d'Alexandre Cloutier, en plus de critiquer durement celui de son adversaire Jean-François Lisée.

L'approche de ce dernier «ressemble étrangement à la Charte des valeurs», a-t-il évalué. C'est une attaque en règle contre celui qui s'est dissocié peut-être le plus radicalement du projet de Bernard Drainville après la défaite péquiste de 2014.

Peu importe cette prise de distance. Avec les propositions de Lisée, «on est encore en violation de droits, de notre charte. On ne s'éloigne pas beaucoup des controverses, on rouvrirait ce panier de crabes», a dit craindre M. Bouchard. «Cela nous amène plus en arrière qu'en avant.»

«Moi, je suis en désaccord total avec l'évaluation de M. Bouchard», a répliqué le député de Rosemont au téléphone. «Je pense qu'on ne peut absolument pas dire que la Cour suprême du Canada refuserait les mesures que je propose. Est-ce qu'il y aurait contestation? Bien sûr. Il y a toujours contestation de tout.»

M. Lisée a ajouté que même la simple application de la recommandation-clé de la commission Bouchard-Taylor - interdiction des signes religieux pour les fonctionnaires avec pouvoir de contrainte - entraînerait assurément des poursuites. L'élu s'engage d'ailleurs à la mettre en oeuvre «en spécifiant qu'il s'agit des signes de toutes les convictions, ostentatoires ou non».

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