Immigration : les libéraux nient tout motif électoral

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La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a présenté la semaine dernière la nouvelle politique d'immigration du Québec.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a déclaré mercredi que le gouvernement libéral n'a aucun intérêt électoral à hausser le nombre d'immigrants au Québec.

Mme Weil a affirmé qu'elle avait été « abasourdie » par les propos d'une députée de la Coalition avenir Québec (CAQ), Nathalie Roy.

Mardi, Mme Roy a soutenu que par « tradition », les immigrants « votent la plupart du temps, souvent, pour le Parti libéral, beaucoup ».

Selon la députée caquiste, « il pourrait fortement y avoir des intérêts électoralistes derrière le fait de vouloir augmenter le nombre d'immigrants au Québec de façon aussi importante ».

Lors d'un débat sur une motion déposée par la CAQ au sujet de la révision des seuils d'immigration au Québec, en Chambre, Mme Weil a rejeté ces affirmations.

« Que ce soit très clair, je rejette fortement toute allusion au fait que les orientations qui seront proposées par notre gouvernement en matière d'immigration soient bassement alignées sur des desseins électoraux, a-t-elle dit. C'est inouï! »

La semaine dernière, dans une politique sur l'immigration, le gouvernement a constaté que l'accueil de 60 000 immigrants par année permettrait d'éviter au Québec « un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 et cette population augmenterait à nouveau et de manière plus marquée à long terme ».

Mme Weil a répété que le gouvernement prendra une décision après des consultations en commission parlementaire sur la révision du seuil d'accueil annuel, actuellement à 50 000 immigrants.

« Les scénarios annuels d'augmentation, ou de diminution, ou de stabilisation sont dans le document de consultation, a-t-elle dit. Donc, ce n'est pas le gouvernement qui fait cet exercice tout seul sans le mettre dans un document de consultation. »

La CAQ devrait se poser des questions

Dans un point de presse, mercredi, le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a affirmé que la CAQ devrait réfléchir aux raisons qui les empêchent d'obtenir plus d'appuis électoraux de la part des immigrants de première et deuxième génération.

M. Fournier a fait référence aux propositions caquistes d'intégration des immigrants, qui prévoient une évaluation de la connaissance du français.

« Par moments, on a l'impression que leur conception du nationalisme ne fait pas une place à chacun, a-t-il dit. Par exemple, le test qu'ils veulent faire passer après trois ans, n'est pas un signal qu'on envoie à des nouveaux arrivants qu'ils ont une réelle place dans la société. »

Selon M. Fournier, les caquistes ont une réflexion à faire sur leur positionnement face aux électeurs qui ont immigré au Québec.

« Si leur nationalisme vise à une nation qui ne fait pas de place aux nouveaux arrivants, c'est leur choix, a-t-il dit. Si c'est le message qu'ils envoient aux gens de première, deuxième génération, c'est leur choix. Peut-être qu'ils ont une réflexion à faire : ils se disent nationalistes, mais quelle est la conception de la nation québécoise qu'ils ont? »

Plus tôt, le chef caquiste François Legault s'est limité à évoquer la possibilité que les libéraux aient des intérêts « politiques » à faire passer le nombre d'immigrants accueillis de 50 000 à 60 000 par année.

« Mme Roy a une hypothèse, qui a été divulguée par beaucoup de chroniqueurs en fin de semaine dernière, c'est une hypothèse parmi d'autres », a-t-il dit.

M. Legault a répété sa préoccupation de voir le nombre d'immigrants augmenter malgré la faiblesse des moyens d'intégration au marché du travail et de francisation.

« Pourquoi M. Couillard est si pressé d'augmenter de 20 % les taux d'immigration, est-ce que c'est pour des intérêts politiques?, a-t-il lancé. Est-ce que c'est dogmatique? Quelle est la vraie raison? »

Dans un point de presse avant une réunion de ses députés, M. Couillard a rejeté l'analyse électoraliste de la CAQ.

« C'est un peu triste, comme analyse, a-t-il dit. Tous les Québécois votent pour le Parti libéral, c'est ça la bonne nouvelle. »

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