Le PQ et la CAQ dénoncent l'arrogance du gouvernement Couillard

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.... (Photo Jacques Boissinot, PC)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Les principaux partis d'opposition ont dénoncé en choeur jeudi la détérioration du climat à l'Assemblée nationale, blâmant le gouvernement Couillard pour son arrogance et déplorant sa tendance à privilégier les attaques personnelles.

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, a transmis une lettre au premier ministre Philippe Couillard pour lui demander de se dissocier des propos «inacceptables» tenus la veille par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à l'endroit de la députée péquiste Diane Lamarre, qui serait selon lui «en conflit d'intérêts permanent», «les deux mains dans le plat de bonbons» parce qu'elle est propriétaire d'une pharmacie. M. Barrette l'accuse d'avoir cautionné un stratagème de surfacturation, aux dépens des clients, quand elle présidait l'Ordre des pharmaciens, ce que Mme Lamarre a aussitôt nié.

Dans sa lettre, M. Péladeau dénonce la manoeuvre d'«intimidation» du ministre Barrette, dont les propos constituent selon lui une atteinte inacceptable à la réputation de la députée de Taillon, qui est critique en santé pour l'opposition officielle. Il demande au premier ministre de présenter ses excuses à Mme Lamarre.

Quant à lui, le ministre Barrette a refusé de retirer ses paroles. Il s'est défendu en affirmant qu'il n'avait jamais remis en cause l'intégrité personnelle de la députée Lamarre. Lors d'une mêlée de presse, il est passé rapidement en mode attaque, en reprochant au chef péquiste de l'avoir traité sur le réseau Twitter, mercredi, de «Tartuffe», célèbre personnage de Molière qualifié d'«hypocrite» et de «manipulateur».

«Tartuffe, c'est un crosseur!», selon lui.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a renchéri pour demander au premier ministre Couillard «de retrouver son calme» et d'éviter les «insultes et tentatives d'intimidation».

Il estime que le premier ministre est devenu «trop sûr de lui», ce qui pourrait se retourner contre lui, dans l'opinion publique. «De plus en plus de Québécois le trouvent très arrogant, trop arrogant», a-t-il commenté.

Selon lui, M. Couillard méprise l'opposition et agit «comme s'il était le seul à posséder la vérité». Il croit d'ailleurs que le ministre Barrette a pris le premier ministre pour modèle, quant à l'attitude à adopter envers l'opposition.

La veille, le premier ministre avait mis le feu aux poudres en laissant entendre que M. Legault cherchait à «souffler sur les braises de l'intolérance», en remettant en question le projet gouvernemental de hausser le seuil d'immigration de 50 000 à 60 000 personnes par année.

En point de presse, M. Legault a réagi en disant qu'il ne se laisserait pas intimider, et continuerait à poser des questions sur les seuils d'immigration, soucieux de tenir compte de la capacité du Québec d'intégrer les nouveaux arrivants et de les franciser.

«Regardez-moi bien aller!», a dit le chef caquiste.

«On ne peut pas, au Québec, dans la situation dans laquelle on est, augmenter de 50 000 à 60 000 immigrants par année, sans se poser des questions sur nos problèmes actuels de francisation» des immigrants, a-t-il commenté, en rappelant que 41 % des nouveaux arrivants ne parlaient pas français à leur arrivée au Québec et que 72 % d'entre eux ne suivaient aucun cours de français.

M. Legault voudrait que les cours de francisation deviennent obligatoires.

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