Les libéraux blâment le PQ pour les actions d'Adil Charkaoui

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La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, accuse le parti de Pierre Karl Péladeau de retarder l'adoption du projet de loi sur le discours haineux qu'elle a présenté l'an dernier.

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(Québec) Si Adil Charkaoui continue d'avoir maille à partir avec la direction du Collège de Maisonneuve, c'est la faute du Parti québécois, a affirmé jeudi le gouvernement Couillard.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, accuse le parti de Pierre Karl Péladeau de retarder l'adoption du projet de loi sur le discours haineux qu'elle a présenté l'an dernier. Elle dit avoir introduit en novembre un amendement qui aurait permis aux cégeps de mettre un terme à des contrats de location de locaux si la sécurité des élèves devait être mise en danger.

Or, dit-elle, le PQ paralyse la commission parlementaire qui étudie le projet de loi.

«Le gouvernement a posé des gestes, a dit Mme Vallée jeudi. Qu'est-ce que le gouvernement fait ? Il a posé des gestes, et maintenant je vous invite à poser la question au Parti québécois qui bloque l'étude du projet de loi.»

Selon la ministre, le PQ «défend le discours haineux».

La Presse a révélé jeudi qu'Adil Charkaoui a été impliqué dans un nouvel incident au Collège de Maisonneuve. Un groupe dont il faisait partie a eu une altercation avec un agent de sécurité dans un gymnase de l'établissement. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a dû intervenir.

Le groupe avait loué le local pour jouer au soccer. Mais lorsque le gardien est arrivé, il a remarqué que les hommes s'adonnaient plutôt à la prière.

C'est loin d'être le premier incident impliquant Adil Charkaoui au Collège de Maisonneuve. Jusqu'à l'an dernier, il y louait des salles de classe et des plateaux sportifs. Le cégep avait suspendu le contrat de location après qu'il eut été révélé que des jeunes Montréalais partis vers la Syrie en janvier avaient des liens avec lui.

Une cellule intégriste est-elle en train de prendre racine dans l'établissement scolaire ? La nouvelle ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a refusé de le dire.

«Jamais, jamais, je ne vais me prononcer sur ça», a-t-elle dit.

Elle compte visiter le cégep la semaine prochaine.

Dans l'intervalle, l'opposition presse le gouvernement d'agir pour mettre M. Charkaoui hors-jeu.

La députée du Parti québécois, Agnès Maltais, accuse le gouvernement libéral de rester les bras croisés face à la situation au Collège de Maisonneuve.

À l'Assemblée nationale, elle a souligné que la direction du collège réclame des règles claires pour encadrer la location de locaux. Un comité a été mis sur pied, mais une seule rencontre a eu lieu jusqu'ici.

«Il y a plusieurs événements graves qui ont été rapportés au Collège Maisonneuve, a dit Mme Maltais. Et comme par hasard, Adil Charkaoui est toujours dans les parages. Au lieu d'essayer de limiter la liberté d'expression, pourriez-vous limiter le travail des agents de radicalisation ? C'est ça le problème.»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, juge «très inquiétants» les événements qui ont eu lieu au cégep.

Selon lui, c'est maintenant à la police de se mêler du dossier.

«Nous, on pense que la Sûreté du Québec doit aller intervenir puis peut-être aider à fixer les balises, a-t-il dit. Quand c'est rendu qu'un gymnase est utilisé par M. Charkaoui pour venir prêcher au lieu de pratiquer un sport, c'est inquiétant.»

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