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Immigration: les coûts d'un portail dysfonctionnel explosent

Depuis le 5 janvier, les candidats à l'immigration en... (PHOTO JOHN ADKISSON, ARCHIVES REUTERS)

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Depuis le 5 janvier, les candidats à l'immigration en vertu du programme des travailleurs qualifiés doivent remplir leur demande en ligne. Québec n'accepte plus les formulaires en papier.

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(Québec) La création du portail «Mon projet Québec», dont les ratés ont forcé le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (MIDI) à retarder les demandes de milliers d'immigrants potentiels, a été marquée par une cascade de complications techniques, de dépassements de coûts et par un recours massif à des firmes externes.

Depuis le 5 janvier, les candidats à l'immigration en vertu du programme des travailleurs qualifiés doivent remplir leur demande en ligne. Québec n'accepte plus les formulaires en papier.

Or, le gouvernement Couillard a été forcé de reporter du 18 janvier au 16 février la date à compter de laquelle ces demandes seront enregistrées. La raison: l'engorgement monstre du portail «Mon projet Québec», qui a été pris d'assaut par des milliers d'internautes depuis sa mise en ligne, le 5 janvier.

Le MIDI a limité à 150 le nombre d'internautes qui peuvent se connecter au portail en même temps, craignant qu'un plus grand nombre ne déstabilise le système. Or, en une seule journée la semaine dernière, plus de 800 000 personnes se sont rendues sur le site «Mon projet Québec».

«On est reparti de zéro»

Or ce n'est que la pointe de l'iceberg, a appris La Presse. Depuis cinq ans, l'informatisation des demandes d'immigration pour les travailleurs qualifiés s'est révélée un véritable casse-tête pour le MIDI.

Le Ministère avait lancé un premier projet informatique en 2010. Il a investi 911 000 $ avant de se rendre compte que ses plateformes informatiques étaient «trop limitées dans leur flexibilité, offrant peu de possibilités pour développer les applications futures et supporter la modernisation prévue des façons de faire», selon le porte-parole du Ministère, Jonathan Lavallée.

«Les systèmes informatiques sur lesquels avait été développé [le projet initial] ont dû être remplacés, a résumé M. Lavallée. Pour développer la demande en ligne de certificat de sélection, on est donc reparti de zéro.»

Au printemps 2013, le MIDI a donc lancé un nouveau projet, toujours pour permettre la transmission de demandes d'immigration en ligne. Québec a réservé 787 100 $ pour sa réalisation, mais le budget a été révisé à la hausse.

Le projet a finalement été bouclé le 31 décembre dernier pour un coût final de plus de 1 million, un dépassement de 30% par rapport à l'évaluation originale. La quasi-totalité de ce projet a été réalisée par des firmes externes.

Les ratés continuent

Pour Me Jean-Sébastien Boudreault, président de l'Association des avocats et avocates en immigration du Québec, il est clair depuis longtemps que les projets informatiques ne tournent pas rond au ministère de l'Immigration.

«Ça fait plusieurs mois qu'ils repoussent les échéances, a-t-il indiqué. Ils nous disaient que c'était pour que le système soit fonctionnel.»

Et même mis en ligne, le portail «Mon projet Québec» continue de connaître des ratés, a-t-il précisé. Encore hier, un demandeur se trouvant au Liban a reçu un message d'erreur avec des caractères chinois et coréens lorsqu'il a voulu créer un profil en ligne.

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