Fonction publique: l'entente de principe hypothéquée

Les dizaines de milliers d'infirmières, de préposées et... (ARCHIVES REUTERS)

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Les dizaines de milliers d'infirmières, de préposées et d'éducatrices en garderie de la Fédération de la santé et des services sociaux représentent le quart des troupes du front commun.

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L'entente entre le front commun et le gouvernement a du plomb dans l'aile: 110 000 syndiqués viennent de recevoir une recommandation de rejet de la part de leurs élus.

Malgré le feu vert de leur centrale, les délégués de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ont opposé mardi soir une fin de non-recevoir à l'entente de principe conclue la semaine dernière à Québec. Une offre «nettement insatisfaisante», selon eux.

Les 600 élus syndicaux se prononçaient avant les dizaines de milliers d'infirmières, de préposées et d'éducatrices en garderie qui représentent le quart des troupes du front commun. La fédération revendique d'ailleurs le titre de plus grand syndicat du «secteur de la santé et des services sociaux».

Le vote, exprimé après des heures de débats qui se sont conclues à 23h, a été «très majoritaire», a expliqué le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley. «Je suis conscient qu'il y a beaucoup de monde qui vont être surpris de ça, mais [le vote a fait suite à] un excellent débat, il y avait de la place pour toutes les positions, et le monde ont très majoritairement» voté contre.

«Le monde s'est fait varloper»

«Il faut mettre dans le contexte: cette année, dans le secteur de la santé et des services sociaux, le monde s'est fait varloper de tous bords, tous côtés», a dénoncé M. Begley, avant de faire la liste des principaux irritants: «les compressions budgétaires, la loi 10 et, bien sûr, les résultats de la négociation qui n'étaient pas satisfaisants». «Le monde vient de plus en plus découragé et se dit qu'il faut faire de quoi, a-t-il ajouté. Ils espéraient au moins avoir de la reconnaissance à travers une bonne convention collective.»

Le cabinet du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, est resté muet. «On ne fera pas de commentaires», a indiqué la porte-parole Marie-Ève Pelletier.

La prise de position des délégués de la FSSS-CSN n'engage pas les dizaines de milliers de syndiqués qu'ils représentent: ce sont eux qui trancheront au cours du mois de janvier, au cours d'assemblées générales organisées dans les milieux de travail.

«Ce n'est pas rien»

L'entente conclue entre Québec et le front commun syndical prévoit des augmentations salariales équivalant à 10,5% sur cinq ans. La hausse sera graduelle, passant de 1% en 2015 à 1,75% en 2016 et à 2% en 2018. En 2019, l'augmentation moyenne sera de 2,4% selon le secteur de travail.

Ce volet salarial est doublé d'une entente sectorielle pour le domaine de la santé et des services sociaux. Celle-ci portait notamment sur la mobilité de la main-d'oeuvre, sur différentes primes ainsi que sur les heures de travail.

La fin de semaine dernière, le président de la CSN a parlé de l'entente de principe globale en termes positifs.

«Pour nous, c'est clair qu'on a atteint d'abord l'objectif d'éviter encore plus l'appauvrissement des travailleuses et des travailleurs et, au final de l'exercice, considérant l'inflation [...], on devrait même effectuer un certain rattrapage salarial, a expliqué Jacques Létourneau. «Ce n'est pas rien. Nous avons bien sûr fait des compromis, mais nous avons surtout forcé le gouvernement à sortir de son cadre financier initial.»

Malgré le gouffre entre l'opinion de M. Létourneau et celle des délégués de la FSSS-CSN sur l'entente de principale, il n'y a pas de crise de confiance entre les murs de la centrale syndicale, a assuré M. Begley. Selon lui, il s'agit de différends normaux dans un contexte démocratique.

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