Allocations aux ex-PM: Charest et Marois échappent aux nouvelles règles

Jean Charest a dirigé le Québec de 2003... (PHOTO ARCHIVES PC)

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Jean Charest a dirigé le Québec de 2003 à 2012 et Pauline Marois, de 2012 à 2014.

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(Québec) Jean Charest et Pauline Marois vont échapper au resserrement des règles sur les allocations aux anciens premiers ministres, a confirmé le gouvernement Couillard, hier.

Lorsqu'ils quittent la vie politique, les anciens premiers ministres ont droit à divers privilèges pendant une période de trois ans. On leur fournit une voiture avec un chauffeur-garde du corps.

Ils disposent aussi d'une somme allant jusqu'à 200 000 $ par année pour embaucher du personnel, retenir des services professionnels, louer un bureau et facturer des frais comme la téléphonie ou la connexion internet.

Cette politique a fréquemment défrayé la chronique. Mme Marois a commandé un rapport controversé sur la radio parlée de Québec à l'ex-candidate péquiste Dominique Payette. Hier, la station FM93 a révélé que M. Charest loue, aux frais de l'État, un bureau dans le prestigieux 1000, de la Gauchetière. Le loyer s'élève à plus de 9000 $ par mois.

Plus tôt cette année, Philippe Couillard a affirmé avoir ordonné une révision des privilèges offerts aux anciens premiers ministres. Cet examen n'est pas encore terminé, a-t-on indiqué au bureau du leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier.

La porte-parole du ministre, Karla Duval, a cependant confirmé que les nouvelles règles ne toucheront pas M. Charest et Mme Marois.

«Les nouvelles règles viseront les prochains ex-premiers ministres», a-t-elle affirmé.

Cela veut dire que Philippe Couillard sera le premier à être soumis au nouveau régime lorsqu'il quittera la politique.

Le ministre Fournier compte présenter les nouvelles règles sur les allocations des anciens dirigeants du Québec au cours de l'année 2016, a précisé Mme Duval.

457 000 $ en réclamations

M. Charest a commencé à recevoir des allocations liées à son ancienne fonction en avril 2013. Il y a droit jusqu'en avril 2016.

En date du 11 septembre dernier, il avait facturé plus de 457 000 $ aux contribuables, selon des données obtenues par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Mme Marois avait pour sa part réclamé 158 276 $ entre juin 2014 et septembre 2015. Ses privilèges s'étendent jusqu'en juin 2017.

L'opposition presse le gouvernement Couillard de présenter sa réforme. Le député de la Coalition avenir Québec Benoît Charette est favorable au fait que les anciens premiers ministres profitent d'une allocation de transition, à condition que les budgets soient resserrés et que le programme soit transparent.

«On s'était engagés à se mettre sous peu des balises, à être plus transparents dans les dépenses, à revoir les montants admissibles. C'est la confirmation que le gouvernement n'a pas bougé et qu'il n'entend pas bouger de sitôt», a noté M. Charette.

Même son de cloche du côté du Parti québécois.

«Le premier ministre Couillard avait promis de se pencher sur la question, a noté la porte-parole du parti, Antonine Yaccarini. Or, rien n'a été fait. Nous attendons toujours de connaître le plan de match du gouvernement.»

- Avec la collaboration de William Leclerc

Combien ont-ils dépensé aux frais de l'État ?

Jean Charest (avril 2013 au 11 septembre 2015) 

457 493 $ incluant...

  • 245 602,90 $ à la Société québécoise des infrastructures pour la location d'un bureau, un espace à 9030 $ par mois, au 1000, de la Gauchetière ;
  • 163 236 $ pour des services professionnels, notamment la production d'études, de revues de presse et de soutien administratif.

Pauline Marois (juin 2014 au 11 septembre 2015)

158 276 $ incluant...

  • 1513,40 $ à l'École internationale de langues YMCA ;
  • 15 850,45 $ à l'ancienne candidate péquiste Dominique Payette, qui a réalisé un rapport controversé sur la radio parlée de Québec.

Bernard Landry (2007 à 2009)

138 614 $ incluant...

  • 93 472 $ pour des services professionnels et administratifs ;
  • 45 140 $ en frais pour la location d'un bureau, incluant les fournitures et les frais de télécommunication.

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