«Austérité»: Coiteux se défend d'ouvrir un débat sémantique

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Martin Coiteux

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s'est défendu d'ouvrir un débat sémantique, jeudi, après avoir refusé d'être cité dans un article où apparaîtrait le mot «austérité».

Dans un échange avec la presse parlementaire, M. Coiteux a insisté sur sa grande disponibilité aux sollicitations des journalistes.

«Je donne des entrevues à la radio, je donne des entrevues à la télévision, vous le savez, je suis un des ministres d'ailleurs qui en donne le plus, a-t-il dit. Je suis toujours présent et disponible pour ça. Mais si on veut faire un débat de sémantique, je pense qu'on l'a déjà fait beaucoup et je pense qu'il ne nous avance pas comme société.»

Dans son édition de jeudi, le quotidien La Presse rapporte que M. Coiteux a accepté d'accorder une entrevue à la condition d'être cité dans un texte distinct où le mot austérité n'apparaîtrait pas.

Selon le reportage, cette exigence a été exprimée par son attachée de presse, qui est citée dans le texte.

Malgré cela, dans un point de presse avant la période des questions, M. Coiteux a soutenu qu'il n'a posé aucune condition.

«Je n'ai jamais conditionné aucune entrevue à personne», a-t-il dit.

M. Coiteux a cependant marqué sa préférence à aborder la question des finances publiques sous l'angle des enjeux reliés à l'équilibre budgétaire.

«Si on veut parler de finances publiques, si on veut parler des grands enjeux du Québec, je n'ai jamais de problème avec ça, a-t-il dit. Si on veut faire un débat sémantique, comme celui qui est sur la place publique depuis plus d'un an, ça ne nous avance à rien.»

M. Coiteux a maintenu le cap lorsqu'une journaliste lui a rappelé que M. Couillard lui-même avait utilisé le mot, dans son discours d'assermentation, où il affirmait que «l'expérience internationale indique que la simple austérité sans changements structurels et mesures de croissance peut ralentir l'économie et aggraver la situation».

«Voulez-vous parler de finances publiques, voulez-parler d'équilibre budgétaire, voulez-vous parler des débats du Québec actuellement ou vous voulez parler des mots du dictionnaire?», a-t-il demandé.

Le député péquiste Gaétan Lelièvre, porte-parole du dossier du Conseil du trésor, a affirmé que l'attitude de M. Coiteux témoigne d'un appétit de contrôle qui se rapproche de celui du gouvernement de Stephen Harper.

«Ça démontre l'arrogance de ce gouvernement face à la population, face aux médias et aux oppositions», a-t-il dit en entrevue.

M. Lelièvre a constaté que les exigences de M. Coiteux ont pour conséquence de limiter la liberté d'expression.

«Quand on ne veut pas accorder des entrevues parce qu'une certaine expression est utilisée, c'est une forme de censure, a-t-il dit. Je ne comprends pas, parce que le terme austérité n'est pas diffamatoire. C'est un mot qui est utilisé au Québec et je ne comprends pas qu'un ministre tente de contrôler à ce point l'opinion publique.»

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