CEIC: «notre société s'est un peu endormie», soutient Philippe Couillard

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(Québec) Notre société «s'est un peu endormie, son niveau de vigilance a baissé», a soutenu Philippe Couillard, commentant le rapport de la commission Charbonneau déposé mardi après quatre ans de travail.

Pour lui, le rapport «interpelle l'ensemble de la classe politique, il y a des leçons à tirer pour tout le monde (...)», a-t-il soutenu avant d'entrer à la réunion du caucus des députés libéraux. Il s'est dit «très heureux» des nouvelles normes quant au financement qui fixe à 100 $ le maximum des contributions par électeur. Quand on lui rappelle ses réserves quant au financement, exprimées au moment de la course à la direction du PLQ, il réplique: «Je trouvais alors qu'on était dans une situation de proximité qui était claire».

«Ce qu'on pourrait dire comme leçon pour notre société de cet exercice-là, les révélations montrées, c'est que quelque part notre société s'est un peu endormie, son niveau de vigilance a baissé, on s'est assis sur le fait qu'on avait des lois qu'on trouvait plus avancées qu'ailleurs, ce qui était vrai.», a déclaré le premier ministre.

«On voit qu'il y a eu suite à ça la nécessité clairement d'un resserrement, qui a déjà été commencé il y a quelques années, qui se poursuit et qui va se poursuivre» a enchaîné Couillard. «Le gouvernement a agi, va agir et va continuer d'agir, et c'est ce qui est le plus important», a-t-il affirmé.

Sur l'infiltration de l'industrie de la construction «c'est là que le rôle des forces policières, des médias, doit être souligné». Dès que de nouveaux contrôles sont mis en place, «la nature de ces régimes est de trouver une autre faiblesse», a observé M. Couillard. Au passage, il est venu au secours de sa députée de Laviolette écorchée dans le rapport. «Julie Boulet est membre de notre caucus et représente très bien sa population», a-t-il tranché.

De son côté, le vice-premier ministre Jean Marc Fournier, chargé des réactions détaillées au rapport, a indiqué que le gouvernement compte mettre en place les changements «imposants» suggérés par la commission Charbonneau pour éviter que l'attribution des contrats gouvernementaux ne demeure «vulnérable» au financement des partis politiques.

«Pour notre formation politique comme pour toutes les autres, il y a un rapport imposant sur les mesures de corrections qui doivent être apportées», a souligné le ministre des Institutions démocratiques.

Le rapport témoigne d'un «travail important» de la Commission et «il recevra maintenant toute l'attention requise. Le gouvernement agira», promet-il. Pas question pour autant de faire un «mea culpa» pour le ministre libéral. Il souligne avec insistance que le commissaire Renaud Lachance ne voit pas, contrairement à sa collègue, la présidente France Charbonneau, que le financement des partis puisse avoir un impact même indirect sur l'octroi des contrats publics. «Dans les deux cas, ils s'entendent sur la vulnérabilité (des décideurs politiques)», observe-t-il.

Québec entend procéder rapidement dans le sens des recommandations, «ce rapport n'est qu'une étape d'une démarche continue», la vigilance doit demeurer. Parmi les 60 recommandations, le gouvernement retient surtout la création d'une instance d'encadrement des marchés publics, la mise en place d'un comité d'experts indépendants pour approuver la programmation du ministère des Transports, et on propose d'améliorer la protection des «lanceurs d'alertes».

Aussi, le gouvernent relève que le Commissaire à la lutte contre la corruption soit nommé de la même manière que le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Il préconise aussi la fusion des postes de commissaires à l'éthique et au lobbyisme pour un mandat de 7 ans, par un vote aux deux tiers de l'Assemblée nationale.

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a accueilli favorablement la proposition de créer une Autorité des marchés publics, la première recommandation du rapport. «Il y a un certain nombre de recommandations et celle qui a retenu mon attention, c'est celle de la création d'une agence qui va faire en sorte qu'il y ait la distance nécessaire entre les dirigeants politiques et les donneurs (d'ouvrage)», a-t-il indiqué. Le PQ souhaite que la nouvelle entité soit indépendante des ministères, contrairement au Commissaire aux contrats publics dont Québec a annoncé la création à la fin octobre

- Avec la collaboration de Martin Croteau

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