L'Assemblée nationale dénonce l'islamophobie

L'édifice de l'Assemblée nationale à Québec.... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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L'édifice de l'Assemblée nationale à Québec.

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(Québec) L'Assemblée nationale a dénoncé à l'unanimité les appels à la haine envers les Québécois musulmans, jeudi, malgré les réticences des partis politiques face à l'utilisation du mot «islamophobie».

Les 100 députés présents au Salon bleu se sont prononcés en faveur de l'initiative de la députée de Québec solidaire, Françoise David. Aucun ne s'y est opposé.

Le texte appelle les élus à s'inquiéter de la prolifération de matériel «à caractère islamophobe et raciste» sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Il enjoint aussi l'Assemblée nationale à affirmer que «les Québécois de confession musulmane sont des citoyens à part entière et que cette Assemblée condamne sans réserve les appels à la haine et à la violence contre tous les citoyens du Québec».

Le vote survient alors que la question du niqab dans les cérémonies de citoyenneté est devenue un thème central de la campagne fédérale. Il arrive quelques jours après que deux adolescents aient fait chuter une musulmane enceinte en lui arrachant son hijab à Anjou.

Dans ce contexte, Françoise David tenait mordicus à inclure le mot «islamophobe» dans le texte.

«Les incidents qui se multiplient depuis quelques semaines sont des incidents qui touchent particulièrement les musulmans du Québec», a-t-elle indiqué.

Réserves

Sauf que les tractations en coulisse et le débat qui a précédé le vote ont mis en relief une hésitation des partis à dénoncer l'«islamophobie». Le Parti libéral, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont tous plaidé pour qu'on élargisse le texte de la motion afin de dénoncer tous les actes d'intolérance, et non seulement ceux à l'égard des musulmans.

«Je comprends la députée et la formation de Québec solidaire de vouloir mettre l'accent sur l'islamophobie, mais, nous aussi, on avait souhaité une portée plus large parce qu'en fait, lorsqu'on a fait la consultation sur la politique publique, il y a beaucoup de gens qui sont victimes d'intolérance», a affirmé la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

Le député péquiste Maka Kotto souhaitait aussi amender la motion de Mme David pour «lui donner une note plus universelle, y intégrer en fait toutes les discriminations possibles, toutes les victimes potentielles de racisme».

Dans les rangs péquistes, on souhaitait éviter que l'appui à la motion soit perçu comme une condamnation du débat sur le niqabLe parti considère qu'il est légitime de s'opposer au port de ce voile intégral et de le considérer comme un instrument d'oppression des femmes.

En entrevue, M. Kotto a noté que les musulmans sont victimes de préjugés depuis les attentats du 11 septembre 2001, une tendance lourde qui dépasse les événements des dernières semaines.

Alors pourquoi cette réserve face au mot «islamophobe»?

«Parce que nous avons conscience du fait que le regard nourri de préjugés n'est pas le monopole de la seule société québécoise dans sa sphère de natifs», a-t-il répondu.

La CAQ a elle aussi plaidé pour qu'on retire les références à l'islamophobie du texte de la motion.

«"Islamophobe" veut aussi dire avoir peur de l'islam, a expliqué la députée caquiste Nathalie Roy. Les citoyens du Québec n'ont pas peur des religions. Cependant, si cette Assemblée nationale avait vraiment du courage, elle défendrait les oppressés, certes, c'est ce que nous disons, mais aussi elle dénoncerait les oppresseurs, elle dénoncerait l'islamisme radical.»

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