La FIQ quitte la table de négociation

«On a eu de gifles hier, ça ne... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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«On a eu de gifles hier, ça ne nous tente pas d'aller en chercher d'autres! a lancé sa présidente, Régine Laurent.

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(Québec) Les pourparlers entre Québec et les infirmières sont rompus. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) quitte la table de négociation après le dépôt d'une nouvelle offre patronale qu'elle qualifie de «gifle». Elle n'y retournera que lorsque le gouvernement présentera des «offres réelles et acceptables».

«On a eu de gifles hier, ça ne nous tente pas d'aller en chercher d'autres! a lancé sa présidente, Régine Laurent, en conférence de presse mercredi. Qu'il nous fasse un nouveau dépôt qui va avoir du bon sens, et à ce moment-là on va discuter. On n'est pas capable de travailler avec ce qui a été déposé.»

Le gouvernement ne se fait pas plus «gourmand» dans les concessions qu'il demande à la FIQ, a reconnu Mme Laurent. Mais selon elle, il n'a fait qu'éliminer des demandes qui étaient «incohérentes». «Avec le dépôt initial, il voulait nous couper les deux bras et les deux jambes. Cette fois-ci, il nous dit: je vais vous laisser une jambe », a-t-elle lancé. Elle déplore qu'il n'y ait aucune véritable avancée après huit mois de négociation. 

La FIQ dénonce en particulier l'abolition de diverses primes. «Le gouvernement a distribué des gifles aux 66 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques de la FIQ. En résumé, ce qu'ils ont déposé comme offre, c'est un refus de nos solutions, aucune amélioration à l'organisation du travail, aucune amélioration à l'organisation des soins. Ce que ça dit, c'est : continuez de courir!»

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, déclarait pourtant en avant-midi qu'avec sa nouvelle proposition, il fait un pas pour se rapprocher de la partie syndicale.

Québec a également fait de nouvelles offres aux enseignants. Elles ont été jugées inacceptables et insultantes par la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). Le gouvernement veut introduire une clause stipulant que la semaine de travail est de 40 heures, et les syndicats craignent que les directions d'école demandent aux enseignants de rester tout ce temps à l'école. Québec ne précise plus qu'il veut faire passer de 32 à 35 le nombre d'heures de présence à l'école. Les syndicats déplorent également que le gouvernement veuille toujours augmenter le nombre d'élèves par classe par divers moyens pour économiser 153 millions de dollars. Québec affirme que les sommes récupérées serviront à financer des services directs aux élèves, mais il ne donne aucune garantie concrète à la table de négociation, disent-ils.

« C'est de la totale provocation », a tonné la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini. On a l'impression qu'il n'y a aucune écoute de la part du gouvernement après 56 rencontres à la table. Pour nous, c'est une amère déception et une totale incompréhension. »

De son côté, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, soutient malgré tout que ses nouvelles offres constituent une avancée. « Il y a ce qu'il faut sur la table pour progresser ensemble. Et c'est du progrès pour les enseignants, du progrès pour les infirmières. C'est du progrès responsable, mais c'est du progrès pour tout le monde.  C'est ça qu'on amené sur la table » a-t-il affirmé. Questionné au sujet du recours à une loi spéciale pour décréter les conditions de travail, M. Coiteux a répondu qu'il « n'y pense même pas ». « On ne travaille pas du tout dans cet esprit-là », a-t-il ajouté.

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