Péladeau accuse les libéraux de «harcèlement»

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Pierre Karl Péladeau

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(Québec) Pierre Karl Péladeau a accusé le Parti libéral de se livrer à du « harcèlement » à son endroit, mercredi, après qu'un ministre eut attaqué Vidéotron lors d'un débat à l'Assemblée nationale.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, s'en est pris à l'entreprise de câblodistribution lors d'un échange avec le député péquiste Bernard Drainville.

M. Drainville a sommé le ministre d'expliquer pourquoi Hydro-Québec impose un taux d'intérêt de 14,4% aux clients qui sont incapables de payer leur facture. Il a qualifié ce taux d'«usuraire».

M. Arcand a d'abord répondu que ce taux était déjà en vigueur lorsque Pierre Karl Péladeau, le chef du PQ, présidait le conseil d'administration de la société d'État. Puis, il a évoqué l'exemple de Vidéotron pour renvoyer la balle à son adversaire.

«Le député de Marie-Victorin me parle de, quoi, 14 %? On vient de me donner l'information : dans le cas de Vidéotron, quand les clients sont en retard, c'est 19,56 %», a-t-il dénoncé.

Alors qu'il faisait campagne dans la circonscription de Chauveau, M. Péladeau a accusé ses adversaires de se livrer à du «harcèlement» sur la question de ses avoirs.

«On vient encore une fois d'en faire la démonstration, a-t-il dénoncé. Quelle est la nature du rapprochement entre Hydro-Québec et Vidéotron ? Si j'appelle ça du harcèlement ou de l'intimidation... on appelle ça toutes sortes de termes.»

M. Péladeau avait prévenu lundi que ses adversaires subiraient des « conséquences » s'ils instrumentalisent la question de ses intérêts financiers à des fins partisanes. Il a précisé sa pensée mercredi en expliquant que ces conséquences seront «politiques», car les citoyens pourraient leur faire payer leur comportement lorsqu'ils se rendront aux urnes.

Bernard Drainville, lui, fulminait après les commentaires du ministre Arcand. Il a qualifié la sortie du ministre d'«imbécile».

«Ça illustre l'incapacité des libéraux de se mettre à la place des Québécois, a-t-il dénoncé. Ça illustre le fait que les libéraux tiennent à tout prix à faire de la petite politique partisane plutôt que de nous expliquer en quoi 14% est un taux raisonnable.»

M. Arcand a rétorqué que les pratiques d'Hydro-Québec sont strictement encadrées par la Régie de l'énergie et que les taux exigés par la société d'État sont comparables à ceux exigés dans le secteur privé.

Questionné à savoir s'il ciblait Pierre Karl Péladeau en évoquant une division de Québecor, il a simplement répondu : « J'ai pris le sujet de l'heure. »

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part dénoncé le « manque de jugement » du gouvernement Couillard au cours de ce débat. En dénonçant les pratiques de Vidéotron, dit-il, le ministre Arcand s'est trouvé à favoriser son concurrent, Bell.

«Ce qu'on laisse entendre, c'est que si vous faites affaire avec Bell au lieu de Vidéotron, ça va vous coûter moins cher d'intérêt, a souligné M. Legault. Ça n'a pas de bon sens ! Je pense que M. Couillard va trop loin, il mélange une société d'État et une compagnie privée, il prend position contre une compagnie privée. Ça ne se fait pas.»

Péladeau favorable à repenser le code

Le commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, a invité mardi les parlementaires à repenser le code d'éthique des députés de l'Assemblée nationale à la lumière de la situation « exceptionnelle » de M. Péladeau, à la fois chef de l'opposition et actionnaire de contrôle de Québecor.

De passage à Rome, le premier ministre Couillard s'est dit d'accord avec l'analyse du commissaire.

«Je respecte le désir de M. Péladeau de faire de l'action politique, a-t-il déclaré. Ce n'est quand même pas banal de voir une concentration médiatique contrôlée par quelqu'un qui aspire a être premier ministre, cela commande une attention particulière.»

Il affirme qu'il est trop tôt pour affirmer qu'il faut modifier le code d'éthique.

«La question ici c'est la question de contrôle, avec ou sans fiducie, a dit M. Couillard. Il faut que tout le monde y réfléchisse, la profession journalistique aussi. C'est loin d'être banal comme situation !»

M. Péladeau, lui, s'est dit « tout à fait » d'accord avec la démarche proposée par Me Saint-Laurent. Il a rappelé que le commissaire a convenu qu'il dépasse les exigences actuelles du code d'éthique.

Avec la collaboration de Denis Lessard à Rome

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