De passage à Québec, le président de l'Islande parle indépendance

Le président de l'Islande, Olafur Ragnar Grimsson (avant-plan),... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le président de l'Islande, Olafur Ragnar Grimsson (avant-plan), était reçu par le gouvernement du Québec dans le cadre d'un symposium sur le développement nordique.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

«L'indépendance en soi ne peut jamais être négative.» Un illustre invité du premier ministre Philippe Couillard a livré ce vibrant plaidoyer en faveur de l'indépendance nationale, mardi, à la grande satisfaction de l'opposition péquiste.

Le président de l'Islande, Olafur Ragnar Grimsson, était reçu par le gouvernement du Québec dans le cadre d'un symposium sur le développement nordique.

Au cours d'une conférence de presse, mardi matin, dans l'édifice du ministère du Conseil exécutif, les journalistes l'ont abondamment questionné sur les mérites de l'indépendance, au côté de Philippe Couillard, qui n'était manifestement pas insensible au propos.

«L'indépendance en soi ne peut jamais, jamais être négative, parce que l'indépendance n'est pas seulement une formalité et elle est déterminée par la volonté du peuple», a d'abord répondu M. Grimsson, quand on lui a demandé si l'Islande, un petit pays, aurait intérêt à renoncer à l'indépendance.

Le président islandais n'était pas certain du sens de la question avant de répondre, et M. Couillard en a profité pour lui faire remarquer que c'était une question «intéressante» et aussi «subtile», en l'invitant avec un petit rire à lire le «sous-texte» de la question.

Pas plus tard que la semaine dernière, le premier ministre répétait que «le séparatisme était la pire option actuellement pour le Québec, sur le plan économique, social et politique». Il avait aussi affirmé précédemment que les candidats à la direction du Parti québécois tentaient de rivaliser en matière de radicalisme.

M. Grimsson a rappelé que l'Islande est un «État très indépendant» depuis le Moyen Âge, avec le plus vieux Parlement d'Europe, et une «structure démocratique forte» fondée sur la primauté du droit. L'Islande a officiellement mis fin à son union avec le Danemark et est devenue une république en 1944.

Décider de l'avenir du pays de façon démocratique est lié à la fondation du peuple islandais, a-t-il poursuivi. Mais même l'histoire récente de l'Islande démontre que «faire confiance au peuple pour décider de son avenir galvanise une force très puissante».

Le président islandais faisait ainsi vraisemblablement référence aux mouvements de protestation populaire qui ont suivi la crise financière de 2008 dans son pays, ainsi qu'au référendum de 2010 où la population a refusé d'assumer le remboursement de la dette d'une grande banque.

Selon lui, la petitesse d'un territoire ou d'une population ne sont pas non plus des empêchements au succès économique d'un pays. L'Islande compte en effet à peine 320 000 habitants et s'est plutôt bien remise de la crise financière qui a frappé son économie et son secteur bancaire après 2008.

«Je crois qu'il y a une relation forte entre la volonté démocratique et le succès de notre économie. (...) Dans les plus petites communautés, on a une approche plus pragmatique pour résoudre des problèmes, on n'a pas la main-d'oeuvre pour créer des structures complexes», a-t-il dit. Il a ajouté que l'histoire récente de son pays prouve qu'il est un «modèle de progrès économique»: l'Islande était l'un des États les plus pauvres d'Europe en 1944, et aujourd'hui ses citoyens jouissent d'un des hauts plus niveaux de vie.

«Expliquer le succès ou l'échec par la taille est une mauvaise piste, a-t-il insisté. On voit de petites nations réussir ou échouer, et on voit de grands pays réussir et échouer.»

M. Grimsson a précisé qu'il ne voulait pas donner de conseil, mais simplement parler de l'expérience de son pays.

Le Parti québécois n'a pu faire autrement que de se réjouir du plaidoyer du président islandais. Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, espérait toutefois que le premier ministre avait bien entendu cette profession de foi, puisqu'il est même «enivrant» de jouir de l'indépendance.

«Il a rappelé à quel point il est enivrant de jouir de l'indépendance pour un pays et que ce n'était que positif, a lancé M. Bédard en point de presse mardi midi. Pour un petit pays de quelques centaines de milliers d'habitants, c'est toujours intéressant de voir quelqu'un nous rappeler les avantages de l'indépendance.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer