Le gouvernement Couillard parle de «relance économique» plutôt que d'«austérité»

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D'ici juin, on entendra parler, périodiquement, de remaniement ministériel. Mais il n'y en aura pas avant l'ajournement de juin.

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(Québec) N'ajustez pas votre appareil: Gaétan Barrette a perdu du poids. Beaucoup. Il transporte une dizaine de kilos de moins qu'avant les Fêtes. L'intense ministre de la Santé a bien du chemin à faire avant de redevenir le tout aussi intense joueur de basketball de l'Université de Sherbrooke. Mais il est en route.

Le gouvernement Couillard, lui aussi, veut changer d'image. Et ce n'est pas plus facile.

Coupes, compressions, rationalisation: c'était le discours de Québec depuis septembre. Jusqu'à ce qu'on réalise qu'il s'agit d'une diète qui mène tout droit à la dépression des contribuables. On tente de corriger le tir: le mot «austérité» est subitement banni du discours, la prochaine session parlementaire sera celle de la «relance économique», clame-t-on. Mais jeudi, c'est bien l'austérité qui réunira les syndiqués qui promettent de manifester devant l'Assemblée nationale. Sur la scène municipale, le projet de loi 28, en vertu duquel on coupe les structures régionales, risque de fédérer bien des adversaires.

La négociation avec le secteur public traînera; pas question d'un décret avant l'été. Dans les officines, on mise sur l'augmentation de 1% que recevront les syndiqués à la fin du mois de mars - fruit de la convention qui se termine - pour les faire patienter.

L'Assemblée nationale revient aujourd'hui au travail, une session qui se terminera en juin. Mais les travaux seront une opération de saute-mouton: ils seront suspendus les deux premières semaines de mars pour les semaines de relâche. Puis, on ajournera une semaine de congé, juste avant Pâques. Le manque de temps, prévisible, a pesé lourd dans la balance quand Philippe Couillard a décidé de convoquer les députés dès la semaine dernière.

Les autres projets de loi du ministre Barrette, sur les quotas aux médecins (p.l. 20) et le financement des établissements, ne passeront pas davantage comme des lettres à la poste. Le gouvernement voudra aussi faire adopter un projet de loi pour modifier le mandat de la Caisse de dépôt, afin de lui permettre de financer des projets de transports collectifs au Québec. On planche toujours sur un projet de loi pour fusionner la CSST avec la Commission des normes du travail et celle sur l'équité salariale. On peut parier que le projet de loi sur la neutralité de l'État ne sera pas déposé lors de cette session. Chez Philippe Couillard, on pousse dans le dos de Francine Charbonneau pour qu'elle dépose le projet de loi qu'avait promis Marguerite Blais sur la maltraitance des aînés. Pierre Paradis devrait arriver avec un projet de loi pour éradiquer la brutalité envers les animaux.

Coincé par le prix du pétrole, le gouvernement Harper a décidé de reporter son budget jusqu'à la fin avril. Cette fois, Québec devrait passer avant. L'objectif du déficit zéro sera atteint, sur papier, le ton du premier ministre Couillard ne laissait pas de place au doute. Reste à voir si Québec pourra tenir la barre. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a 1 milliard de dollars à couper. Les annonces attendront le dépôt des crédits.

Pas de remaniement avant juin

D'ici juin, on entendra parler, périodiquement, de remaniement ministériel. Mais il n'y en aura pas avant l'ajournement de juin. La fin de la session sera la bonne occasion pour muter des ministres qui ont connu plus que leur part de problèmes.

Yves Bolduc et probablement Francine Charbonneau seront réaffectés à des dossiers moins stratégiques. On surveille du coin de l'oeil Julie Boulet, catastrophée d'avoir reçu un avis de blâme de la commission Charbonneau. Mais expulsée du Conseil des ministres, toujours reine de la Mauricie, elle s'est présentée au vote sur le projet de loi 10 vendredi, à la différence de Marguerite Blais.

Robert Poëti pourrait passer à la Sécurité publique et Hélène David, à l'Éducation, comme l'avait pensé Philippe Couillard à l'origine. Sam Hamad fait une campagne assidue pour avoir un poste économique plus important.

Mais comme d'habitude dans ce genre d'opération, tout peut basculer en 24 heures. On en a eu un exemple la semaine dernière - le cabinet de Philippe Couillard était convaincu d'expédier rapidement la question du mandat de la commission Charbonneau, on promettait un communiqué à la fin du Conseil des ministres pour une prolongation jusqu'en juin, plutôt que jusqu'en novembre comme le souhaite la commissaire Charbonneau.

Mais l'avis des hauts fonctionnaires de la Justice a tourné en eau de vaisselle, la ministre Vallée étant en vacances dans le Sud. Bien des ministres ont fait valoir qu'il vaudrait mieux ne pas donner de munitions à la juge Charbonneau, ou à l'opposition péquiste, en écourtant son mandat... Les arguments ont ébranlé Philippe Couillard.

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