La CAQ conserve Lévis, le PQ s'effondre

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François Paradis, à gauche, savoure sa victoire en compagnie du chef de la CAQ François Legault et du député Gérard Deltell.

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(LÉVIS) La Coalition avenir Québec (CAQ) a conservé son siège dans Lévis hier soir, profitant d'une déconfiture rarement vue du Parti québécois (PQ) en territoire francophone.

De son côté, le Parti libéral (PLQ) a terminé au deuxième rang avec un résultat légèrement inférieur à celui enregistré aux élections générales du 7 avril.

Le candidat caquiste François Paradis, ex-animateur de télévision, l'a emporté avec 46,8% des suffrages. C'est un score supérieur à ceux obtenus par son prédécesseur Christian Dubé en 2012 et en 2014 - 40% dans les deux cas.

La candidate libérale Janet Jones, conseillère municipale, a récolté 32,5% des voix. Le PLQ avait obtenu 35% lors du scrutin du 7 avril.

Déroute du Parti québécois

Pour le Parti québécois, c'est une autre déroute, qui s'ajoute à celle des élections générales. Son candidat, Alexandre Bégin, attaché politique du député Dave Turcotte, n'a amassé que 8,3% des suffrages. La défaite a même un impact financier: comme il obtient moins de 15%, le Directeur général des élections ne lui remboursera pas 50% de ses dépenses électorales.

Le PQ obtient un score deux fois moindre que le 7 avril, qui était déjà décevant (16,6%). Québec solidaire (QS) l'a chauffé, avec 7,7% des voix.

Cette raclée est un fait rare pour le PQ dans une circonscription francophone. C'est un résultat qui s'approche même de celui obtenu dans des circonscriptions de l'Ouest de Montréal. Par exemple, le PQ a récolté 6,9% dans Nelligan le 7 avril dernier.

Devant ses militants réunis dans un hôtel de Lévis, le chef caquiste François Legault a déclaré que la victoire de son candidat prouve que la CAQ est «la véritable opposition» à l'Assemblée nationale. C'est aussi, à ses yeux, une sanction contre les libéraux.

Le mois dernier, le premier ministre Philippe Couillard prédisait pourtant que les électeurs de Lévis allaient appuyer les actions de son gouvernement lors de ce scrutin. «Lévis va dire: «Moi, j'embarque dans le projet du Parti libéral du Québec et du gouvernement, le projet de redressement et de relance, et je veux en faire partie» », disait-il.

Hier soir, il a interprété le résultat en disant que ce scrutin démontre que les électeurs souhaitent une réforme de l'État, ce qu'entreprend son gouvernement. «On peut dire qu'une grande partie de la population de Lévis s'exprime pour le changement, un changement profond dans les façons de faire de l'État du Québec. On va continuer à avancer dans cette direction», a-t-il affirmé. Il a plaidé que Lévis est un «environnement pas facile», qui était déjà détenu par l'opposition. Il a ajouté que l'équilibre des forces reste le même à l'Assemblée nationale.

Selon lui, «le pire message» est envoyé au PQ, «qui voit son option rejetée fermement par la population».

Le PQ a pourtant régné sans partage dans Lévis pendant plus de 20 ans, alors que Jean Garon y a été député de 1976 à 1998. La circonscription a souvent changé de main par la suite. Elle est devenue libérale en 2003, puis adéquiste en 2007. Le Parti libéral l'a reprise en 2008, mais il l'a ensuite perdue au profit de la Coalition avenir Québec en 2012 et en 2014.

Le taux de participation dans Lévis a atteint à un peu plus de 46,3%. C'est supérieur à la moyenne enregistrée lors des élections partielles tenues depuis 1998 (43%).

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