Compressions: Coiteux veut mettre au pas les gestionnaires

Les récalcitrants seront mis au pas, a dit... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Les récalcitrants seront mis au pas, a dit sans détour le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, jeudi, en point de presse.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard va tuer dans l'oeuf toute forme de résistance des gestionnaires aux compressions budgétaires imposées par Québec.

Les récalcitrants seront mis au pas, a dit sans détour le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, jeudi, en point de presse.

Les gestionnaires à l'emploi du gouvernement et les dirigeants d'organismes financés par l'État n'auront pas le choix: ils devront exécuter les commandes provenant de Québec qui visent le retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016 et ils devront trouver le moyen de réduire les dépenses sans toucher aux services directs à la population.

«Ils n'ont pas l'option de ne pas entendre le message», a commenté le ministre qui détient les cordons de la bourse.

Ce rappel à l'ordre survient alors qu'il ne se passe pas une journée sans qu'un nouveau cas de compression budgétaire controversée ne place le gouvernement sur la défensive, l'obligeant à corriger le tir en catastrophe. Un exemple: plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dû annuler des compressions prévues en santé mentale et dans les soins aux personnes âgées, décrétées par l'Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal, qui devait appliquer des coupes de 87 millions de dollars.

Or, que ce soit en santé, en éducation ou ailleurs, les compressions demandées doivent viser les services administratifs et non les services aux plus vulnérables, a martelé M. Coiteux.

Mais «il y a visiblement des gens qui actuellement ne veulent pas faire les compressions là où cela leur ferait mal», a ajouté le ministre.

Sa sortie de jeudi vise donc directement ceux parmi les gestionnaires de l'État qui seraient tentés de contourner les directives, en prenant prétexte des compressions demandées pour couper les services destinés aux plus faibles de la société, au lieu de sabrer les dépenses d'ordre administratif.

Il s'est dit prêt à prendre tous les moyens à sa disposition, voire à en trouver d'autres au besoin, pour éviter que les gestionnaires chargés d'appliquer les décisions de Québec en profitent pour prendre des décisions dont la population ferait les frais.

«Cela ne sera pas toléré», a-t-il insisté, ajoutant que le gouvernement allait «se donner des instruments de contrôle pour éviter que ce soit détourné».

«On va prendre tous les moyens à notre disposition et si les moyens sont insuffisants on va s'en donner davantage de moyens», a dit le ministre, soucieux que l'équilibre budgétaire soit atteint «sans atteinte aux services directs à la population».

Il est cependant demeuré évasif sur les «instruments de contrôle» et autres «moyens» auxquels il faisait référence.

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