Le Vérificateur général prévoit des années difficiles

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Le budget du Québec 2014 de Nicolas Marceau

Le budget du Québec 2014 de Nicolas Marceau

Consultez notre section spéciale sur le budget 2014 du gouvernement du Québec, déposé par le ministre des Finances Nicolas Marceau. »

(Québec) Le gouvernement du Québec devra s'imposer des compressions majeures s'il désire atteindre les cibles qu'il s'est fixées pour la croissance des dépenses dans les deux prochaines années, observe le Vérificateur général.

L'ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau... (Photo Marco Campanozzi, La Presse) - image 1.0

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L'ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau

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En point de presse, Michel Samson, vérificateur par intérim observe que le gouvernement n'a pas dit où il prendrait 1 milliard $ de dépenses supplémentaires annoncées par le gouvernement Marois cette année, pas plus que 1,6 milliard $ pour l'an prochain. Pour lui Québec devra entreprendre «un virage majeur, une réforme structurante» s'il veut atteindre son objectif de réduire à 2,4 % la croissance annuelle des dépenses. Pour les réseaux de la santé et de l'éducation, on vise une croissance de 1,1 %, une douche d'eau froide par rapport aux 4,1 % de moyenne dans le passé.

«Les prévisions sont raisonnables pour 2013-2014, pour les années suivantes elles ne sont pas raisonnables, elles sont ambitieuses» d'expliquer M. Samson. Pour lui comme le gouvernement s'est engagé à ne pas hausser les taxes ou les impôts, il n'aura pas d'autres choix que l'abolition de programmes ou l'augmentation de tarifs pour les services gouvernementaux.

En point de presse, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard a reconnu «qu'une croissance des dépenses à 2 % est un défi en soit, et c'est ce qu'on a atteint l'an passé où on a réussi le meilleur contrôle des dépenses depuis dix ans. Ambitieux est un bon terme». 

Pour le chef libéral, Philippe Couillard, «la commande minimale est d'au moins de 2 milliards $ de coupes dans les services publics pour les deux prochaines années. La croissance des revenus est très limitée. Le gouvernement doit dire la vérité aux Québécois et déposer jeudi non seulement un budget, mais aussi un budget de dépenses. Sinon ce sera un geste purement préélectoral».

Incisif le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault a attaqué sur le manque de transparence du gouvernement. «Je vous dis on s'en va à Val D'or avec dix piastres de gaz. Ne me demandez pas comment. C'est ce que fait Mme Marois» a-t-il lancé.

En dehors des prévisions de dépenses, la mise à jour sur les finances publiques publiée en novembre par le ministère des Finances s'appuie sur des prévisions «raisonnables» qui se situent la plupart du temps dans une «fourchette acceptable» constate le Vérificateur général du Québec. 

Dans son rapport spécial demandé par l'Assemblée nationale, Michel Samson, le vérificateur par intérim observe toutefois que les prévisionnistes du ministère, tout comme ceux du secteur privé, ont généralement péché par optimisme depuis dix ans, en prédisant la croissance économique. Cette croissance surestimée fait gonfler des prévisions de revenus. 

Dans sa mise à jour de novembre, le ministre Nicolas Marceau admettait qu'il devait abandonner l'objectif du déficit zéro; le déficit sera 2,5 milliards $ en 2013-2014 et de 1,75 en 2014-2015. L'équilibre serait atteint en 2015-2016 selon le plan de match des Finances.

Quand il prévoit ses marges de manoeuvre ses réserves pour imprévus, le ministère des Finances est souvent inconstant, sans expliquer ses décisions, poursuit le rapport déposé ce matin à l'Assemblée nationale. Le ministère ne tient pas compte de l'effet des compressions de dépenses sur la croissance économique. 

En matière de revenus, Québec a aussi des prévisions «raisonnables» bien qu'on ne puisse attester de la solidité des prévisions sur l'impôt des sociétés, lié aux profits, un poste toujours volatil. Inversement, le ministère des Finances est souvent pessimiste en prédisant les transferts de péréquation, il a sous-estimé ces revenus de 548 millions $ cette année.

Pour le Vérificateur, les prévisions de dépenses pour l'année en cours sont «raisonnables», mais deviennent «ambitieuses» pour les deux années suivantes. Avec une moyenne de croissance de 2,4 d'ici 2017-2018, Québec vise de beaucoup en dessous des 4,6 % de croissance des six années précédentes, observe le Vérificateur. Cette cible «nécessitera des efforts considérables et un suivi rigoureux». 

La mise à jour de novembre dernier laisse prévoir des coupes sombres des «compressions majeures» de dépenses de programmes de santé, d'éducation et de services sociaux à compter de l'an prochain, il est impossible de prévoir si elles se réaliseront. Des mesures «récurrentes» devront être mises en place, prédit le vérificateur.

Comme il le fait depuis deux ans, le Vérificateur observe que les règles comptables adoptées par Québec ne reflètent pas totalement les normes canadiennes. Selon lui, le déficit de 2012-2013 est sous-évalué de 626 millions et la dette nette devrait être haussée de 8,1 milliards des constats qu'il faisait déjà dans son précédent rapport, l'automne dernier.




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